Alger - Revue de Presse

De Verdière quitte Alger



Un nouvel ambassadeur de France en Algérie Selon certaines indiscrétions, l’ambassadeur et haut représentant de France à Alger, Son Excellence Hubert Collin de Verdière, a quitté, hier, la capitale algérienne, cédant sa place au nouvel ambassadeur, M. Bernard Bajolet. D’après nos sources, Collin de Verdière est parti en retraite à l’issue d’une longue carrière diplomatique entamée en 1970. En Algérie, Hubert Collin de Verdière aura eu à exercer à trois différentes reprises. D’abord un premier séjour entre 1975 et 1979 en qualité respectivement de premier secrétaire et de deuxième conseiller. Ensuite comme ambassadeur et Haut représentant à Alger entre 2000 et 2002. Cette année-là, il quittera Alger pour rejoindre le Quai d’Orsay où il est promu secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. En 2004, il retourne de nouveau à Alger avec pour mission de dynamiser le processus de signature d’un Traité d’amitié entre les deux pays, envisagé dès 2003 par les deux chefs d’Etat.De Verdière ne sera pas au bout de ses peines car il aura eu à affronter, «comme un cheveu dans la soupe», la trop fameuse polémique née entre les deux pays à la suite de la loi du 23 février. Beaucoup considèrent, en effet, dans les milieux diplomatiques que le Haut Représentant de la France avait alors largement anticipé, pour sa part, ce qu’il convient d’appeler «Guerre mémorielle» entre Alger et Paris. Pour l’histoire contemporaine des relations entre les deux pays, un fait singulier va donner à Hubert Collin de Verdière une stature insoupçonnée: Il n’hésitera pas à se rendre au lendemain de l’adoption de la loi du 23 Février à Sétif pour évoquer la «tragédie inexcusable» du 8 Mai 1945. Ce qui lui vaut, de ce côté-ci de la Méditerranée, beaucoup de sympathie et de l’autre côté quelques foudres assassines. Il laissera, à ce titre, non seulement le souvenir d’un diplomate très avisé mais également celui d’un homme pleinement conscient de son rôle de représentant d’une ancienne puissance coloniale qui, soit dit en passant, n’est vraiment pas exempte de tout reproche. Cela dit, personne n’est assez dupe pour croire qu’il s’agit d’une initiative personnelle. C’est surtout un précédent à marquer d’une pierre blanche puisque Hubert Collin de Verdière sera, pour ainsi dire, le premier représentant de l’Etat français, à reconnaître que le 8 mai 1945, il y eut en Algérie des massacres de la part des forces coloniales. D’aucuns estiment que cet acte, dont la valeur symbolique a été hautement appréciée à Alger, n’a été rendu possible qu’avec l’accord des plus hautes autorités françaises. «Son successeur aujourd’hui en Algérie, M. Bernard Bajolet, devra, lui, faire encore beaucoup mieux!» s’est entendu dire au sujet du «devoir de repentance» de l’ancienne puissance coloniale exigé par Alger. La priorité de M. Bajolet est donc de «dédramatiser» ce passé commun qui déteint trop souvent sur la nature même des relations bilatérales. Aussi, pour le rapprochement véritable entre les deux pays, la question des «crimes coloniaux» ne peut demeurer, semble-t-il, sans réponse. Mohamed-Chérif Lachichi
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