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De Tlemcen à El Harrach



De Tlemcen à El Harrach
Un émigré qui traîne un mandat d'arrêt est arrêté à Tlemcen. Il doit être jugé à... El Harrach, brrrrr!Un pauvre émigré Tayeb était loin de s'imaginer, lui, le pacifique résident de la «Ville lumière». Ce Paris éblouissant, qu'un de ces quat'matins, il serait sur une route qui fait la moitié de l'Algérie, en direction des «Quatre Ha» d'El Harrach (cour d'Alger) pour payer une faute qu'il n'a jamais commise!Tlemcen -Alger avec dans la poche des flics des wilayas traversées d'Ouest à l'Est, de Dar El Beïda où dormait le mandat d'arrêt, les documents à verser au parquet chez El Hadi Louil, cet intègre procureur qui fera preuve de célérité en vue du jugement le dimanche suivant devant cette sympathique Nabila Dhaouia, la juge du pénal qui respecte les parties. Tlemcen - Alger! Il y a autant de commissariats où passer les nuits que de...fast-foods sur une RN.Un calvaire, un dérangement alors que le détenu n'a commis aucun crime de sang ni dépouillé un vieille dame ou encore moins tendu une embuscade aux éléments des services de sécurité! Le comble, c'est que sa maman et sa cadette de frangine en sont au troisième voyage Paris-Alger, aller et retour et le quatrième sera pour le 8 de ce mois après l'énoncé du verdict. Un verdict qui devra signifier ou non si Tayeb a été coupable de faux, d'usage de faux, d'escroquerie, l'article 325 du Code des Douanes (infraction douanière), donc trois délits à ne pas s'y frotter sauf que le vrai coupable des délits court...Sa famille était si inquiète qu'elle a constitué trois défenseurs: outre Maître Kaddour Sahraoui de Cherchell, Maître Mohammed Naoui, le terrible avocat des Bananiers qui a tenu Dhaouia en haleine devant la rude plaidoirie où le juge d'instruction a eu pour son grade et ses ratés durant l'enquête.Voilà un jeune Algérien qui craignait un mauvais coup de la part des «Fringaouis» mais le coup bas est parvenu de...Chlef d'où une fausse carte grise est venue le balancer dans un puits sans fond.Les trois avocats ont tous plaidés avec amertume. Le juge d'instruction a montré ses limites. Il a dénombré qu'il n'avait aucune assise en droit. Il a réussi le tour de force de boucler rapidement un dossier qui pouvait être plus fouillé.«Oui, qu'aurait perdu le juge d'instruction à rechercher là où la fausse carte grise avait été établie'» s'est écrié Maître Fodil devant Maître Sahraoui qui s'est étonné que le vol de la voiture Land Rover à Paris en 2009, le 11 août n'ait pas chatouillé ce même juge d'instruction. Et avant l'avocat de Cherchell, Maître Naoui était allé plus loin en rappelant que Houria était venue d'Alger par avion: «Tayeb était avec la Land Rover dans le bateau.Au retour, Tayeb avait l'auto dans le même bateau sur Marseille! Oui, la voiture n'a jamais fait l'objet d'un coup bas de la part de Tayeb. Il y a eu le vol dans la capitale française, mais le juge d'instruction n'y a vu que du feu! Ce qui a été longuement disséqué par les trois avocats et particulièrement par le massif avocat des Bananiers, c'est que jamais Tayeb l'émigré n'a eu, une seule seconde, l'idée de ne pas reprendre l'auto, avec lui à son retour en France auprès des siens où il a une situation stable, nette et sans bavure.»«Il ne s'agit pas pour le tribunal de parcourir les procès-verbaux et d'audition les yeux fermés. Il faut analyser aussi les arguments avancés par l'inculpé», avait averti Maître Naoui.«La défense ne peut pas aller plus loin que la vérité des faits. Le voleur de la voiture n'est pas ici. Il est dans la nature», avait articulé Maître Sahraoui qui s'était engagé devant le tribunal à signer et persister que jamais il n'aurait pris le risque de défendre un faussaire et qui plus est un faussaire qui ternit l'image de notre grande Algérie au moment où les couleurs nationales flottent haut là où se trouvent les Algériens. Quant à Maître Fodil, il a vivement protesté contre le fait que son client soit malmené dans son propre pays pour un délit qu'il n'a jamais commis.«Le seul moyen d'effacer l'humiliation faite à la suite du «vidage» du mandat d'arrêt, c'est un verdict juste», a conclu le conseil qui a pris acte de la date du verdict mis en examen sous huitaine.Mi-heureux, mi-tristes, les parents de Tayeb prendront le vol de 15 heures pour Paris qu'ils quitteront aujourd'hui pour être face à Dhaouia, la présidente demain qui décidera du sort de Tayeb qui peut quitter l'enfer du pénitencier des «Quatre Ha» définitivement libre, car ce n'est pas lui le coupable; il l'a dit à l'audience: «Les vrais malfaiteurs sont dans la nature, libres et se moquent vraisemblablement de cette situation que je subis avec beaucoup de contraintes.»Oui, l'expérience a prouvé par le passé qu'une erreur judiciaire pouvait être réparée avant qu'il ne soit trop tard. Tayeb a bel et bien quitté l'Algérie avec son véhicule...


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