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De nouvelles «pizzerias»



De nouvelles «pizzerias»
Indifférence - L'animation que connaît la scène politique nationale avec l'annonce de création de nouveaux partis ne semble pas susciter l'intérêt d'une grande partie des citoyens plutôt «plongée» dans les soucis de la vie quotidienne.
Désabusée, désorientée et lassée, cette classe d'Algériens a annoncé son divorce avec la politique depuis plusieurs années. Des citoyens qui n'aspirent, en effet, qu'à l'amélioration de leurs conditions de vie et ne s'intéressent point à ce qui se passe au niveau des partis. D'ailleurs, cela a été vérifié, à maintes reprises, lors des échéances électorales précédentes qui ont enregistré un taux de participation très faible.
Les multiples obstacles sur le plan socioéconomique ont «étouffé» le citoyen lambda au point de le réduire à ne se soucier que des nouvelles décisions concernant le logement, la santé publique, les prix des produits de première nécessité, l'école, le transport, etc.
«Le parti politique sert ceux qui l'ont créé et tourne le dos aux citoyens dès la fin des élections», disent beaucoup de citoyens interrogés. Toutefois, l'annonce de la création de nouvelles formations politiques n'a pas échappé aux commentaires et surtout à l'ironie. «De nouvelles pizzerias vont bientôt ouvrir leurs portes, on va bientôt en finir avec les files d'attente pour acheter une pizza», lance un groupe de jeunes dans un café, à Alger, en guise de commentaire d'un article de presse relatif à l'éventuel agrément de tous les nouveaux partis. «Ils vont bientôt lancer leur commerce. Il reste à savoir s'ils apporteront de nouvelles recettes et de nouveaux arômes», plaisante un de ces jeunes. «Vous m'avez déçu ! Lorsque je vous ai proposé de créer un parti, vous avez refusé. Assumez donc votre hésitation et laissez les plus audacieux réaliser de bonnes affaires. Restez pauvres et malheureux», s'énerve le plus âgé d'entre eux. Ces jeunes chômeurs ne sont pas les seuls à avoir une telle perception de l'activité politique. Le terme «pizzeria» est, en effet, très significatif.
Il renvoie à une pensée collective qui lie la politique au business et aux affaires. Dans les moyens de transport, cafés, marchés et même sur les sites et forums de discussion sur Internet, les commentaires «hilarants» vont bon train, ce qui renseigne, on ne peut plus clairement, sur une l'indifférence totale de la rue par rapport à tout ce qui est touche à la politique.
Aux problèmes socioéconomiques, s'ajoute l'irresponsabilité des partis qui ne se souviennent des citoyens qu'à l'approche des élections. Des pratiques qui ont éloigné l'écrasante majorité des citoyens de la vie politique.
Les principales revendications de la rue, soulevée lors des différentes manifestations que connaissent constamment diverses régions du pays, sont relatives à l'amélioration des conditions de vie.
Même lors des émeutes de janvier dernier, qui avaient touché plusieurs villes du pays et s'étaient soldées par plus d'une dizaine de morts parmi les manifestants, l'octroi d'agrément aux nouveaux partis ne figurait pas parmi les revendications. «Quand on a faim, on cherche d'abord à manger», résume Aâmi Tahar, septuagénaire, estimant que le citoyen ne peut donner d'importance à la politique tant qu'il est «tourmenté» dans sa vie quotidienne.
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