Alger - A la une

De nouveaux départements et après '



Réalité - Les milliers d'étudiants qui arrivent chaque année sur les bancs des différentes universités du pays demandent un important renforcement de l'effectif enseignant qui semble dépassé dans l'état actuel des choses.
Aujourd'hui, il est clair que chaque wilaya dispose de sa propre université, ou du moins, d'un centre universitaire. Au demeurant, et aux yeux de certains observateurs, cela constitue une bonne chose dans la mesure où cette politique de «décentralisation et de démocratisation du savoir», permet de «rapprocher l'université de l'étudiant» et de lui éviter des déplacements vers d'autres wilayas lointaines.
Cela pourrait bien créer une certaine émulation entre les universités, dans le bon sens bien sûr, en vue d'améliorer leur rendement en matière de recherche scientifique.
Cependant, ce qui est un peu intrigant, dans la nouvelle politique c'est qu'on crée de nouveaux départements dans certaines universités sans prendre en considération parfois les facteurs influant sur la formation des étudiants.
A titre d'exemple, plusieurs départements en sciences de l'information et de la communication ont été créés à travers plusieurs wilayas qui ne disposent pas vraiment d'infrastructures, en dehors de l'université bien sûr, comme les salles de cinéma, des sièges de journaux dignes de ce nom, de grandes bibliothèques' Cela dit, la création de nouveaux départements ne dépend pas seulement des moyens de l'université, car l'entourage immédiat est important et l'inexistence des structures permettant aux étudiants d'accéder au savoir pratique constitue un frein non négligeable. «Nous n'avons jamais vu une salle de rédaction d'un journal et nous n'avons jamais visité le siège d'une chaîne de radio ou de télévision, à l'université on se contente d'acquérir des notions théoriques sans plus», affirme Djamel, étudiant en troisième année en sciences de l'information au centre universitaire d'Oum El-Bouaghi. Cet état de fait pousse certains étudiants à s'organiser eux-mêmes pour organiser des visites scientifiques et de terrain dans les autres wilayas où ils sont accueillis aux sièges de la radio ou de la télévision nationale comme à Alger ou Constantine. Venir de M'sila, de Oum El-Bouaghi ou de Batna jusqu'à Alger pour visiter le siège d'une chaîne de radio ou de télévision n'est pas vraiment un bon signe reflétant «la décentralisation du savoir».
Il est clair qu'avant de doter une université d'un nouveau département il faut d'abord penser si, dans cette ville, on a des infrastructures qui permettent aux étudiants de mener leurs recherches ou stages pratiques.
«Car si on continue à ouvrir des départements à la cadence actuelle, arrivera un jour où chaque village aura un campus universitaire», ironise un enseignant de l'université de Batna qui avance l'exemple de l'ouverture du centre universitaire de Barika, le premier en Algérie peut-être, dont a bénéficié une daïra qui compte à peu près 100 000 habitants.
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