Alger - A la une

De nombreux dysfonctionnements relevés



Une meilleure prise en charge des personnes âgées passe d'abord par l'actualisation et l'adaptation des lois principales de la Sécurité sociale en Algérie. Selon les spécialistes, la mise en place du service gériatrie, elle aussi, apportera sa pierre à l'édifice.Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Le système de Sécurité sociale en Algérie couvre 80% de la population de façon directe ou indirecte. «La Cnas (Caisse nationale de sécurité sociale), au titre de la maladie, par le biais de la carte Chifa et la CNR (Caisse nationale des retraites), à travers le service des pensions de retraites, ce système couvre globalement une grande partie de la population. Ceux qui ne disposent pas d'une retraite directe et ceux qui n'ont pas un avantage de sécurité sociale sont pris en charge dans le cadre de la politique sociale du ministère de la Solidarité nationale», précise Mme Chentouf, représentante de la Cnas.
Intervenant lors de la Journée mondiale de la protection de la personne âgée, qui coïncide avec le 1er octobre de chaque année, organisée jeudi dernier, à Alger, par l'Association nationale SOS 3e âge en détresse «Ihcene», Mme Chentouf évoque le problème des handicapés devenus vieux, n'ayant plus leurs parents. «C'est un drame chez nous, puisqu'il n'y a pas de possibilité d'accueil pour ces personnes», dit-elle. À l'ère de la famille dite nucléaire, elle assure que le handicapé se retrouve souvent sans famille. «Ce problème se pose actuellement, alors que les prestations nécessaires ne sont pas prévues», déplore-t-elle. Elle cite, à titre d'exemple, l'aide à domicile à la tierce personne, destinée aux personnes âgées qui ne peuvent plus se prendre en charge ou qui deviennent handicapées. Un procédé qui n'est pas disponible en Algérie. Pour elle, le vieillissement de la population demande des dispositifs très particuliers, d'où la nécessité d'intégrer l'aide à domicile.
La représentante de la Cnas se demande d'ailleurs si Diar el-Adjaza (maisons de vieillesse) sont la seule formule intéressante pour la prise en charge des personnes âgées dans notre pays. «Ne faut-il pas penser à des personnes âgées ayant parfois des moyens et qui n'ont pas où
aller '», s'interroge-t-elle.
Elle rappelle que les lois principales de Sécurité sociale en Algérie datent de 1983. Même si celles-ci ont été actualisées, elle estime que, compte tenu de l'évolution des soins et de la longévité de la vie, ces lois ont besoin d'être encore actualisées et adaptées. «Il y a de nouvelles branches qui doivent être prises en charge», préconise-t-elle.
De son côté, le professeur Mansour Brouri, spécialiste en médecine interne à l'hôpital de Birtraria à El-Biar, déplore l'absence de service de gériatrie. Selon lui, l'accès à des soins performants est, aujourd'hui, un «véritable marathon» pour les sujets âgés. «Les personnes âgées sont déprimées parce qu'elles souffrent et sont épuisées par ce marathon», dit-il.
Outre ce problème, il souligne également le manque de formation du personnel de la santé quant à la prise en charge de cette frange de la société. «Ce personnel n'a pas la formation voulue, car notre population était jeune et il n'était pas confronté aux pathologies des sujets âgés», explique-t-il. Tous ces dysfonctionnements, précise-t-il, entraînent le plus souvent le recours aux soins d'urgence. «Ces malades vont aux structures d'urgence qui sont, d'ailleurs, inadaptées à ce genre de prise en charge», note-t-il.
Face à l'augmentation du nombre de personnes âgées, le Pr Brouri a plaidé pour l'adaptation du système de soins à ces nouveaux besoins afin de «favoriser un vieillissement réussi». Il appelle ainsi les autorités sanitaires à relever le défi et à développer des politiques d'hospitalisation et de soins à domicile, notamment pour les personnes âgées, à favoriser leur accès aux soins, et à créer des structures de prise en charge dédiées pour elles. Il a également insisté sur la formation du personnel de santé qui va intervenir auprès de ces personnes, et le développement de l'aide médicosociale de proximité multiforme : une aide-ménagère, un repas à domicile, les gardes-malades, etc.
Afin d'améliorer la qualité de vie et de fin de vie des personnes âgées, le spécialiste estime que leur prise en charge doit être polyvalente, institutionnalisée et dotée de textes réglementaires. D'où, souligne-t-il, la nécessité de l'implication des collectivités locales, du ministère de la Solidarité et des associations.
Ry. N.
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