Photo :S. Zoheir
Par Samir Ould Ali
Le Salon international du livre d'Alger est peut-être «plus important que celui de Paris» en termes de nombre de visiteurs, comme s'en est récemment enorgueillie la ministre de la Culture, Khalida Toumi, sur les ondes de la radio nationale. Mais qu'en est-il de son impact sur le secteur du livre en Algérie ' Au-delà des données chiffrées sur la participation, la fréquentation, les ouvrages exposés', quelle sera (quelle a été) l'influence du Sila sur la politique du livre, la mort programmée des librairies, la disparition progressive de la notion de lecture dans les écoles et sur toutes ces difficultés insurmontables auxquelles sont confrontés les rares professionnels du livre qui s'entêtent à lutter ' Plus généralement, quel est le rôle de ce salon dans la résolution des problèmes qui minent le secteur du livre 'Si les Algériens peuvent légitimement se flatter qu'une manifestation culturelle de leur pays ait réussi à attirer «600 éditeurs d'une quarantaine de pays, une centaine de participants parmi les professionnels de l'édition, des métiers du livre, des écrivains, des poètes, des universitaires et des intellectuels algériens et étrangers de renom» en pariant sur 1,2 million de visiteurs en dix jours, ils ne peuvent pas s'en satisfaire, le secteur du livre en Algérie étant dans un état déplorable. Les professionnels le ressassent à l'envi : la diffusion est indigente, la distribution manque de structures spécialisées, la production nationale ne résiste pas devant l'importation, la législation fiscale est à revoir' et il n'est même pas utile d'évoquer le nombre des librairies tant il est indécent dans un pays à l'aise économiquement (180 milliards de dollars de réserves de change et 70 milliards de dollars d'épargne publique) et qui a toute latitude à lancer la réflexion sur les moyens à mettre en 'uvre pour réhabiliter le livre. On le sait, les pouvoirs publics qui parlent d'un projet de création d'une structure de distribution composée d'entreprises spécialisées dans l'édition et l'impression, ont déjà lancé la réalisation de 1 500 bibliothèques communales, décidé la mise en place d'un fonds de soutien à l'encouragement de la créativité en direction des auteurs, et projettent d'édifier 450 bibliothèques publique de lecture , mais ce ne sont là que des nano-solutions et il reste toujours à engager la discussion avec les professionnels du livre, l'ensemble des secteurs concernés, les hommes et femmes de lettres pour mettre en place une véritable politique du livre. Le Salon
international du livre d'Alger est peut-être plus couru que celui de Paris mais la situation du livre est nettement moins réjouissante ici qu'en France où la librairie est quand même mieux considérée qu'un fast-food...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S O A
Source : www.latribune-online.com