Alger - Revue de Presse

Danse de renard : des pamphlets dramatico-comiques



La vision de l'immonde bourbier dans lequel se débattent les victimes du « système politico-économique algérien » dicte à Hamza Amarouche(1) le style de ses fables « pamphlétaires ». Celles-ci tendent à une disqualification absolue, qui vise l'espèce même du personnage soumis à la risée. Tout ce qui s'y rapporte est associé, par conséquent, à l'ignoble. Dans les fables pamphlétaires (Danse de renard)(2) de Hamza Amarouche, le physique, les gestes, les vêtements (notamment la marque Lacoste) acquièrent, sans exception, un air rebutant. Un principe maléfique s'y fait jour, agissant avec une démence de mécanisme aveugle, qui, une fois déclenché, mélange sans discernement règnes et substances et acquiert une ampleur dramatico-comique. La matière elle-même se corrompt, altère sa nature, subit, sous ce « système politique » destructeur, d'après Amarouche, des transmutations abominables, comme si elle obéissait à une alchimie négative. Dans le fantastique laboratoire du pamphlétaire, la flore de « la putrescence algérienne » est analysée de façon détaillée, de manière dramatique, tout en laissant une large place au comique. Comme nos ancêtres combattant « le dramatique » par « le comique », Hamza Amarouche pense que « les grands malheurs font rire » !Mais en dehors du « rire », le pamphlétaire présente souvent ses personnages effondrés dans les postures les plus humiliantes de leur condition sociale et/ou biologique. D'autres fois, le pamphlétaire recourt à des simplifications hilares, destinées à mettre en évidence le simulacre de logique, l'absurdité « rationnelle » qui préside à toute l'organisation interne du « monde algérien » : les « harraga(s) » narguant leurs parents, les ambassadeurs occidentaux (assis sur leurs « visas ») et... jouant à « cache-cache » avec les « pseudo-gardes-côtes », les chômeurs « universitaires » espèrent que « Sarkozy ouvre les portes », car « ici, toutes les portes sont fermées ! » ; Lacoste « chassé » par les « moudjahidine » est heureux : ses vêtements (marque Lacoste) se vendent bien à « la progéniture des anciens moudjahidine », le « maire mosaïqueux » a promis aux électeurs mille merveilles, mais au bout de son mandat, ils ont remarqué « le vide de leurs poches et... leurs c'urs se sont vidés de leur sang » en découvrant « que les fortunes appartiennent à ceux qui le peuvent... ». H. Amarouche a l'air d'un entomologiste qui étudie des bestioles jamais vues et en décrit méthodiquement l'aspect et les habitudes étranges. H. Amarouche doit « persister », car il a tout d'un grand pamphlétaire.Notes de renvoi : 1)- Auteur algérien (arabophone). 2)- Editions Radjaï (Alger).
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