
Même si une évaluation précise du coût financier des augmentations de salaires annoncées au cours des derniers jours au profit notamment des fonctionnaires de police semble aujourd'hui bien difficile à réaliser, on peut néanmoins rappeler le contexte macroéconomique tendu dans lequel elles interviennent. Il peut être utile de rappeler qu'à la fin de l'année 2010 déjà, les importantes augmentations de salaires décidées en faveur des policiers avait été le prélude, à partir de février 2011, à un rattrapage général des salaires distribués à la fois dans la fonction publique et les entreprises publiques économiques. Ce scénario peut-il se répéter à la fin de l'année 2014 et au début de l'année 2015 alors que beaucoup de catégories de fonctionnaires attendent également les résultats sur leur feuille de paie de l'abrogation de l'article 87 bis 'Depuis 2011 pourtant, beaucoup de choses ont changé. La première vient d'être rappelée par le DGSN lui-même, il s'agit du fait que les effectifs de police sont passés en 5 ans de 90 000 fonctionnaires à plus de 209 000 aujourd'hui. Ce qui signifie qu'ils représentent désormais plus de 10% des effectifs de la fonction publique. L'impact de ces augmentations de salaires sera donc renforcé d'autant. Mais la différence la plus importante vient surtout de ce que la situation des finances de l'Etat algérien n'est plus du tout ce qu'elle était il y a encore 3 ans, et la marge de man?uvre dont il disposait dans ce domaine a déjà presque complètement disparu.Pour tenter de comprendre ce qui est en jeu, on doit sans doute se reporter aux évolutions les plus récentes à la fois du budget de l'Etat. En décembre 2013, le parlement a déjà approuvé pour l'année 2014 des dépenses de fonctionnement de près de 60 milliards de dollars (environ 4700 milliards de dinars) qui s'affichent en hausse de près de 9% par rapport à 2013, soit une croissance 3 fois supérieure à celle du PIB. Elles prennent en charge notamment la création de plusieurs dizaines de milliers de nouveaux postes dans la fonction publique.La masse salariale de la fonction publique a déjà atteint 34 milliards de dollars en 2013. Elle devrait dépasser très largement le cap des 40 milliards de dollars l'année prochaine, compte tenu non seulement des augmentations de salaires prévues mais également des dizaines de milliers (plus de 100 000 en 2 ans) de fonctionnaires dont le recrutement est prévu en 2014 et 2015. Quelle que soit l'hypothèse d'impact financier retenue, le budget de fonctionnement de l'Etat sera donc en première ligne.H. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hassan HADDOUCHE
Source : www.liberte-algerie.com