La remarque, très significative du reste du peu d'intérêt accordé à l'image de marque du pays par ceux qui en ont la charge, de milieux diplomatiques étrangers sur le peu d'attractivité et de prévisibilité de l'économie algérienne vient peut-être à point nommé réveiller les consciences, à défaut de provoquer un électrochoc. La première salve est celle d'un diplomate qui a reproché en fin de semaine au gouvernement algérien de changer trop souvent de lois et de mécanismes régissant le commerce, l'industrie et d'une manière globale les lois économiques du pays. Une manière tout à fait courtoise de dire autrement que ce n'est pas sérieux toute cette versatilité de l'économie algérienne.L'exemple cité, et il n'est pas unique, ni isolé, est que l'actuel gouvernement a revu en moins d'une année trois fois le dispositif législatif régissant le commerce extérieur. De 871 produits interdits temporairement à l'importation depuis le début de l'année, on va passer à ‘'zéro'' produit interdit à l'importation. Tout cela en moins de dix mois, ce qui en fait une décision tout à fait imprévisible, car non expliquée par le décret exécutif signé le 25 septembre dernier par le Premier ministre. Les tares de la gestion ‘'à vue'' de l'économie nationale, ou plutôt en fonction des humeurs pas seulement des cours de pétrole, sont là, bien présentes, et qui sont relevées par les partenaires étrangers. L'ambassadeur américain à Alger s'est étonné publiquement du manque de prévisibilité de l'économie algérienne et a donné dans la foulée les raisons objectives qui font que le pays a le stock d'IDE (investissements directs étrangers) le plus faible de la région MENA.
En fait, le reproche des milieux diplomatiques et d'affaires étrangers est que les autorités algériennes ne donnent pas assez de visibilité à la politique économique du pays, quand elles ne produisent pas des lois, dont la règle des 51/49%, qui rebutent et font fuir les investisseurs. Et même dans le cas de cette règle, qui bloque les investissements étrangers, les enjeux ne sont pas bien sériés, ni mis en évidence, alors que les détenteurs de capitaux étrangers aiment bien être sûrs de leurs placements et, surtout, les gérer selon les règles universellement admises, pas celles imposées en Algérie et souvent mises en ?uvre par rapport à un moment de stress financier ou d'errance de la politique économique. Et cette inconstance dans la conduite de l'économie nationale, dans tous les secteurs, est la seconde salve tirée par les milieux d'affaires et industriels étrangers. Beaucoup, notamment en Europe, estiment que l'économie nationale pâtit de l'inconstance, sinon de l'intrusion de la politique et les relations à l'international du pays, dans la réglementation régissant le commerce, l'industrie, l'agriculture et les services, ce qui, au final pour un investisseur étranger, présente des risques potentiels pour son investissement.
Cette réglementation mouvante est d'ailleurs bien représentée avec la volte-face du ministère du Commerce dans la prochaine levée de l'interdiction d'importation de 871 produits. Après la fin du système des licences, du système Fifo, le gouvernement en arrive aujourd'hui à abandonner les restrictions imposées à l'importation, alors qu'il est lié par l'accord d'association avec l'UE. Dans ce cas de figure et dans d'autres, il ne faut plus se lamenter de ne pas voir les investisseurs étrangers se bousculer au portillon ou les IDE reculer, car la réglementation changeante, mouvante, ou cette instabilité serait pour les milieux d'affaires étrangers ‘'pire'' que la bureaucratie. Un comble.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mahdi Boukhalfa
Source : www.lequotidien-oran.com