Alger - A la une

D'importants constats et des propositions



D'importants constats et des propositions
Parmi les sujets importants qui animent l'actualité, celui relatif à la chute des prix du pétrole et ses conséquences sur les économies des pays producteurs a focalisé les débats entre spécialistes et enseignants venus de plusieurs universités à l'occasion d'un colloque international organisé, hier mercredi, par la faculté des sciences économiques, commerciales et de gestion de l'université Yahia-Farès de Médéa.Le ralentissement de l'économie mondiale et notamment en Chine, qui est considérée comme le métronome de la croissance des économies dans le monde, a été grandement ressenti dans les pays qui tirent leurs revenus principalement de la rente pétrolière. Pays mono-exportateur, l'Algérie, qui tire l'essentiel de ses recettes du pétrole, est confrontée depuis la moitié de l'année 2014 au problème du rétrécissement de ses revenus à la suite de l'effondrement des prix des hydrocarbures (inférieurs à 50 dollars), remettant en cause la soutenabilité de la politique d'investissement de l'Etat.Le colloque international sur les conséquences de l'effondrement des prix du pétrole sur les économies exportatrices d'hydrocarbures a permis de soulever certaines questions relatives à la gouvernance de l'économie et les mécanismes à mettre en place pour parer aux retombées de la baisse des recettes extérieures.L'on retiendra que le PIB par tête en Algérie a évolué très lentement, selon un rythme moyen oscillant autour de 1,4%, alors que le taux d'accumulation, souvent supérieur à 40%, est parmi les plus élevés au monde, selon le professeur Abdelmadjid Kaïdi de l'université d'Alger.Ce dernier expliquera que le rendement des facteurs est très faible pour des raisons qui incombent au mauvais choix des projets d'investissement et à leur dimensionnement ainsi qu'au mauvais choix de leur localisation. Le pétrole, dira-t-il, est aussi générateur de problèmes pour le pays, car demeurant le seul secteur qui attire l'investissement étranger dans un partenariat qui a donné lieu à des transferts de devises estimés à 8 milliards de dollars. Mais plus grave encore, la dépréciation du dinar entraînée par la baisse des prix du pétrole, générant des situations inflationnistes qui se sont répercutées sur le pouvoir d'achat de la population, phénomène qui a contraint l'Etat à prendre certaines mesures dont le report de certains projets d'investissement public,a-t-il encore indiqué.Parlant de la consommation intérieure, souvent considérée comme un facteur de croissance, le professeur Mouloud Hachmane, de l'université d'Alger, parlera du syndrome hollandais, c'est-à-dire quand le financement de l'économie est basé sur la seule rente. La baisse des prix du pétrole a une incidence directe sur la parité de la monnaie nationale avec les devises étrangères dont le taux de change prend le sens opposé, non sans remettre en cause les grands équilibres économiques, a-t-il indiqué. Voulant sortir du seul constat, les professeurs Omar Haroun de l'université de Blida et Slimani Hamid de l'université de Fès (Maroc) ont estimé qu'il appartient aux décideurs d'adapter leur vision stratégique en orientant leurs décisions vers la réduction des dépenses et en optimisant leurs ressources via certains impôts d'une façon conjoncturelle jusqu'à amélioration du marché pétrolier.À cela, il est aussi préconisé de mettre en place des mécanismes de lutte contre la corruption par l'instauration d'un système de contrôle basé sur la bonne gouvernance et la bonne volonté des acteurs, c'est-à-dire aussi se doter d'une vision stratégique de développement économique.M. E.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)