Alger - Revue de Presse

D'autres surprises ne sont pas à écarter



Tout récemment, sollicité par des journalistes, un expert en football, Antoine Bell, ancien gardien de l'équipe nationale du Cameroun, a émis des avis pour le moins pertinents. Il a déclaré que «le statut de mondialiste de l'Algérie ne constitue, en aucun cas, une garantie dans cette CAN 2010 et que des surprises pourraient survenir au cours de cette édition». C'est bien vu de sa part, car le team algérien, annoncé en grande pompe comme l'un des postulants à la victoire finale, s'est écroulé face au Malawi, pourtant considéré comme le plus faible participant parmi les quinze formations présentes en Angola. A partir de l'historique entre l'Algérie et le Malawi - à savoir trois succès pour l'Algérie et un nul - tout le monde était convaincu que les Verts s'imposeraient sans coup férir. On sait maintenant ce qui est arrivé. Chacun y est allé de sa propre analyse, et toutes les «causes» du naufrage de l'EN ont été évoquées, de la préparation en France, des soubresauts liés aux primes et aux droits d'image des joueurs, ainsi que l'absence de tout match de préparation. Ceci dit, on ne saurait occulter la valse-hésitation de Saâdane à propos du onze entrant et de la tactique à adopter face au Malawi. Des observateurs estiment que cette déroute est une bonne chose pour les camarades de Yebda, car elle leur rappellera, qu'en football, rien n'est définitivement acquis. S'il fallait une autre démonstration, elle a été fournie lundi en soirée, par le résultat du match entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso. Tout le monde admet, qu'entre ces deux équipes, il n'y a pas photo, le onze ivoirien étant annoncé comme le grand favori de la CAN 2010. Or, et en dépit de leur domination, les coéquipiers de Drogba ont été tenus en échec. L'entraîneur de la Côte d'Ivoire Halilhodzic a regretté «que l'adversaire a refusé de jouer», et que ses hommes n'avaient pas sous-estimé leurs rivaux du jour. Quant à Paolo Duarte, entraîneur du Burkina Faso, tout en reconnaissant que ses protégés ont beaucoup couru, il est convaincu que son équipe a mieux contrôlé le ballon en seconde période, et qu'elle a de la qualité. Sans vouloir tirer des conclusions qui pourraient s'avérer hâtives au fur et à mesure du déroulement de cette édition, il faut tout de même évoquer un certain nivellement des valeurs, une tendance plus ou moins admise. Car, qu'elle est l'équipe africaine qui n'a pas ses joueurs professionnels et, pour certaines d'entre elles, son entraîneur étranger ? A quelques variantes près, les contenus des entraînements sont semblables, et ce qui fait la différence, c'est bien la valeur des individualités ainsi que les tactiques appliquées par les responsables techniques. Il existe de par le monde des entraîneurs frileux qui spéculent sur les contres, il y a aussi - ils sont moins nombreux certainement - ceux qui préfèrent jouer l'attaque à outrance. Ce duel dure depuis la nuit des temps et n'est pas près de prendre fin.

 Et c'est ce qui fait l'attrait et le charme du football, comme dans un éternel combat entre le «bien» et le «mal». Depuis que la science et la médecine ont fait irruption dans le football, celui-ci a beaucoup évolué dans de nombreux domaines, à savoir le physique, la vitesse, l'endurance ainsi que les tactiques. Il existe même certaines équipes qui ont fait des coups de pied arrêtés, l'un de leurs atouts majeurs. Pour en revenir à la CAN 2010, d'autres surprises ne sont pas à écarter, surtout si les favoris continuent à croire qu'il suffit de paraître pour vaincre. C'est tant mieux pour le spectacle et pour le football en constante évolution. Ça contraindra en tout cas les meilleurs, ou supposés tels, à se remettre en question à chaque match.


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