Alger - A la une

Culture, culture de pouvoir et culture morale



Culture, culture de pouvoir et culture morale
On apprend, par notre confrère Le Jeune Indépendant que la chambre d'accusation de la cour d'Alger se prononcera, jeudi prochain, sur les suites à donner à une affaire dite d''Alger, capitale de la culture arabe'. Le scandale concernerait la gestion du volet financier de la fameuse manifestation. Il y serait question de détournements, de dilapidation de deniers publics, de surfacturation, de faux et usage de faux en documents administratifs et officiels, le tout occasionnant un préjudice de plus de cinq milliards de centimes.
Il faut croire que le dossier à eu à parcourir une longue traversée, depuis le temps que les suspicions, les dénonciations, les articles de blogs et de presse cultivent le doute sur la régularité de la gestion financière de 'l'année'. Un doute qui plane pratiquement depuis le début de l'année 2007 qui fut aussi l'année de l'évènement. S'agissant de 'culture arabe', faut-il mettre ce retard sur le compte de la nonchalance levantine qui caractérise la communauté 'culturelle' à laquelle nous avons décidé de nous amarrer 'culturellement' '
La répétitivité a fini par établir la règle qu'il ne peut y avoir, dans ce pays, une opération à gros budget, sans son lot de prévarication. Peut-être est-ce, là aussi, l'expression d'un trait de culture de la oumma.
'Le Printemps arabe', en jetant quelques coups de projecteur sur la gestion des fonds arabes, en Tunisie, en Egypte et en Libye, a confirmé la part prise par le souci de l'accumulation personnelle dans la gestion des régimes autoritaires dans cet espace géoculturel.
Dans notre pays, ce réflexe qui consiste à amputer le budget de l'Etat de ce que les donneurs d'ordres estiment être leur part privée du bien public se répand à travers l'échelle des niveaux de dépense jusqu'à attendre la plus petite régie. La tradition post-Indépendance de ponction sur le patrimoine national au profit de catégories bénéficiant de privilèges statutaires a facilité la banalisation des transferts du Trésor public vers les comptes privés. Les transferts légaux n'étant pas toujours légitimes, la moralité a déserté le domaine de l'appropriation privée de la richesse collective. Certaines campagnes électorales ont constitué des occasions d'injustifiable prodigalité du pouvoir : il suffisait d'être un club ou une zaouïa, de constituer une association ou un comité de soutien pour puiser dans un Trésor public partiellement transformé pour l'occasion en trésor de guerre.
La corruption politique a fini par légitimer la corruption tout court, puisqu'il est tacitement convenu que l'obédience se paie désormais en largesse budgétaire. De là à ce que des fondés de pouvoir et des chargés de missions se servent d'instincts dans le budget qu'ils manipulent et avec la conviction sincère de ne point violer la logique du système, il n'y a plus qu'un pas.
On peut se demander si, même confirmés, les soupçons de concussion doivent donner lieu à un procès. Dans le contexte d'un monde arabe cautérisé par l'arbitraire, l'opacité et l'avidité des richesses nationales, 'Alger, capitale de la culture arabe' se devait naturellement de traduire en quelque sorte notre excellence dans la prise en charge des m'urs de gestion communes à notre espace culturel.
M. H.
musthammouche@yahoo.fr
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)