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Crise libyenne et scénario occidental



Crise libyenne et scénario occidental
Le ministre des Affaires étrangères algérien se réunit depuis hier à Alger avec ses homologues tunisien et égyptien pour tenter de désamorcer la bombe occidentale d'émiettement territorial, régional et tribal de la Libye.Les trois pays voisins de la Libye semblent perdre pied devant les terrifiantes appétences des pays occidentaux à l'égard d'un pays riche en ressources énergétiques et salutaire en position géostratégique. Possédant de longues frontières avec l'Algérie, portant la Tunisie sur un flanc, abritant des populations tribales dont les accointances avec les Touaregs algériens sont immenses, possibilité d'un large regard sur la zone sahélo-sahélienne et par là sur l'Afrique, la Libye est ce pays qui occupe les esprits expansionnistes de la France et des Etats-Unis et pourquoi pas de l'Italie et de l'Allemagne. Les choses se compliquent de jour en jour dans ce pays depuis que l'OTAN l'avait précipité dans une situation de non-sécurité. La Libye continue d'être disséquée dans les laboratoires étrangers. Ces derniers temps, il est question de déplacement du commandant de l'Africom dans ses territoires pour examiner les positionnements des uns et des autres antagonistes. Un nouvel échiquier semble alors prendre forme.Tous les rounds de discussions à travers plusieurs villes du monde, de négociations et de tentatives de réconciliation entre les parties libyennes en conflit, pourraient être diluées dans un scénario de réappropriation de la Libye par des forces occidentales avec à leur tête les Etats-Unis de Trump. Les multiples actions algériennes et autres pour réconcilier les Libyens entre eux coïncident avec une très mauvaise conjoncture de redéfinition des rôles occidentaux pour un partage du monde, de prolifération de groupes terroristes qui se redéploient, qui se décomposent pour être réinjectés dans d'autres plus forts.Nouveau scénario d'émiettement de la LibyeL'Algérie peine à faire cesser les armes dans un pays qui n'a plus retrouvé ses marques depuis la destitution et l'assassinat de Maamar El Kadafi. Abdelkader Messahel avait déclaré il y a quelque temps qu'en Libye «il y a 26 millions d'armes pour 6 millions de Libyens». La Tunisie est loin de pouvoir aider dans la résolution de ce conflit quand on sait qu'elle a de grandes difficultés à protéger ses frontières et même à assurer la sécurité de ses populations. L'Egypte accuse directement les groupes terroristes libyens d'attenter à sa sécurité nationale. Alsissi n'a pas hésité à déployer ses bombardiers pour attaquer des régions libyennes et, selon lui, démanteler les réseaux terroristes qui ont assassiné il y a quelques jours plusieurs membres de sa communauté copte. Les récents raids égyptiens sont menés dans une conjoncture où la destruction de la Libye pour sa recomposition selon des intérêts géostratégiques occidentaux est plus que jamais programmée. Le bruit de bottes occidentales notamment américaines se fait entendre depuis que l'Africom a été, selon des analystes, chargé d'élaborer une stratégie d'intervention militaire dans plusieurs régions libyennes. Les bombardements égyptiens sur la Libye pourraient être ce dérapage qui sera retenu à charge contre les pays voisins qui, selon les Occidentaux, n'ont pas les moyens de leur politique de réconciliation des Libyens entre eux et d'aide à la paix et à la sécurité dans la région. L'Egypte sait qu'en agissant de la sorte, elle ne pourra pas neutraliser les groupes terroristes que financent des pouvoirs bien en vue. Elle le sait pour avoir déjà bombardé des villes de l'est libyen avec lesquelles elle est frontalière. C'était après l'assassinat de 21 de ses coptes. Dans une interview accordée au Quotidien d'Oran, son ambassadeur en avait parlé avec beaucoup d'assurance.L'Egypte va-t-en guerre«Nous avons frappé Daesch en Libye après l'assassinat des 21 ressortissants égyptiens coptes. Nous nous sommes dit que c'est un assassinat de trop parce que ce n'était pas le premier. C'était le 5ème assassinat d'Egyptiens», nous avait dit Omar Abou Eich. Est-ce que les résultats ont été probants dans ce sens ', lui avions-nous demandé. «100%. Il y a quelque chose de plus important, si on n'a pas mené ce raid, la question politique ne pouvait pas avancer.» Il nous a expliqué que «ce raid a donné la preuve à tout le monde que la question libyenne pouvait se détériorer de plus en plus et qu'il fallait bouger le plus vite possible pour la régler.» Trouvez-vous normal qu'un pays vient bombarder un autre pays alors que, vous l'avez bien dit, son gouvernement est légitime ', interrogeons-nous. «J'insiste pour dire que nous l'avons mené avec l'accord du gouvernement libyen et la contribution de l'armée libyenne. Ce raid a eu des conséquences positives puisque les ressortissants égyptiens ne sont plus assassinés en Libye. C'était très important de donner ce message aux groupes terroristes de Daesch.Le dernier attentat contre les coptes égyptiens est venu démontrer le contraire. Notons que l'Algérie n'avait eu aucun droit de regard sur ce que l'Egypte avait décidé de faire en Libye. «L'avez-vous consulté puisque vous dites que vous êtes liés par un partenariat stratégique ', lui demandions-nous à ce propos. «L'intervention militaire égyptienne devait se faire sur la partie Est de la Libye, loin des frontières avec l'Algérie. Les frappes militaires égyptiennes étaient menées sur les camps de la ville de Darna, toute proche des frontières égyptiennes. Nous avions de plus en plus d'Egyptiens qui étaient assassinés dans cette région,» avait répondu l'ambassadeur d'Egypte à Alger.
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