En fixant les priorités de son programme quinquennal, le président de la République a, pour la première fois, reconnu hier dans son discours à la Nation, que la crise financière touche l'Algérie tout autant qu'elle touche les pays du Tiers-Monde.
«Tout en exprimant ma fierté pour votre choix qui s'est porté sur moi, je n'en mesure pas moins le poids de la responsabilité qu'il implique, car il s'agit de répondre à vos aspirations et à vos attentes (...)», a déclaré Bouteflika. Pour cette fois, il n'évoquera pas les 150 milliards de dollars qu'il a affirmé, à maintes reprises, mettre au service de l'économie algérienne, mais il fera une révélation qu'il n'a jamais faite auparavant. «Cette responsabilité est d'autant plus lourde que nous vivons dans un monde en crise, menacé de toute part, aussi bien par les modifications climatiques que par les pénuries prévisibles des ressources alimentaires, mais aussi, par la profonde crise financière qui affecte l'économie mondiale, mais qui nous touche également, au même titre qu'elle touche l'ensemble des pays du Tiers-Monde», a-t-il avoué. Il affirme donc que la crise financière mondiale touche l'Algérie mais n'en dira pas plus à ce propos. Il reprendra l'idée quelques lignes plus loin, pour souligner néanmoins, que si «les orientations de notre politique financière ont permis, en particulier, notre désendettement extérieur et la constitution de réserves destinées à faire face aux aléas des marchés pétroliers, pour autant, nous ne saurions nous dispenser d'une vigilance soutenue quant aux évolutions de l'économie mondiale. Nous ne saurions pas davantage oublier que se rapproche inexorablement, pour notre pays, la fin de l'ère du pétrole». Pour lui, «les conditions sont désormais propices pour enclencher un vaste mouvement de diversification et de densification de notre tissu économique». L'Etat s'emploiera, selon lui, à cet effet, à «relancer l'investissement dans les segments du secteur public rendus à la viabilité et à la performance ; en oeuvrant à éliminer les blocages résiduels qui peuvent freiner l'initiative privée; en encourageant fiscalement les activités à forte valeur ajoutée et celles faisant appel à l'innovation; en réorientant plus fortement nos banques vers le financement des activités de production et des services à contenu technologique; en poursuivant l'ouverture à l'investissement étranger pour autant qu'il contribue effectivement à la production et à la richesse nationale ainsi qu'au développement technologique du pays». De la dimension technologique, il dit qu'elle est «la base de la compétitivité internationale, une exigence qui, à mesure que se rapproche l'échéance de l'après-pétrole, devient plus pressante et plus absolue».
«La haute priorité» du président
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ghania Oukazi
Source : www.lequotidien-oran.com