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CRISE ÉNERGÉTIQUE



CRISE ÉNERGÉTIQUE
Pour faire face à l'actuelle crise énergétique, des experts préconisent des mesures d'urgence. D'autres plaident pour le développement d'une industrie à base de brut notamment le raffinage et la pétrochimie.Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Soulignant l'impact de l'actuelle crise énergétique sur l'économie nationale, l'économiste et expert, professeur Abderrahmane Mebtoul, a appelé les dirigeants du pays à faire preuve d'un «minimum de moralité». Selon lui, si l'Algérie s'obstine à continuer dans l'actuel modèle économique et social, «nous irons droit dans le mur», dit-il. Le recours à emprunter auprès du FMI est pour lui, un danger pour la stabilité du pays. «Si l'Algérie fait appel au FMI, l'exemple soudanais se reproduira inévitablement car il y a des enjeux politiques et géostratégiques», explique-t-il. Intervenant hier au forum du quotidien El Mihwar tenu à Alger, le Pr Mebtoul propose des solutions pour faire face à la crise du pétrole qu'il classe par ordre prioritaire. Il plaide ainsi pour la mise en place d'une «meilleure» gestion, une «maîtrise» des dépenses ainsi qu'un «meilleur» management de Sonatrach. Il insiste également sur une politique de subventions ciblées intersocioprofessionnelles et inter-régionales. «La généralisation des subventions sans aucune distinction socioprofessionnelle et régionale est une source de gaspillage», dit-il. L'expert met en garde contre la dévaluation du dinar et préconise d'aller vers un endettement extérieur ciblé pour les secteurs productifs et d'opter pour des réformes structurelles.Renforcer la production et miser sur la pétrochimieChercheur au Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), Mahmah Bouziane, assure que la crise du pétrole cache une crise du gaz. Pour lui, le renforcement du potentiel du gaz s'impose. «Il ne faut pas rester dans le marché du gaz brut, il faut aller vers le raffinage l'industrie du pétrochimique», dit-il. Rappelant que l'Europe reste marché traditionnel du gaz algérien, Mahmah Bouziane estime qu'aujourd'hui, l'Algérie doit préserver sa place dans ce marché. «La perte d'un marché de gaz n'est pas comme perte d'un marché de pétrole car le marché de gaz est un marché régional », explique-t-il avant d'insister sur l'augmentation des capacités de production du gaz. «Justement, poursuitil, la Sonatrach peut aller vers l'emprunt puisque c'est une société qui jouit d'une viabilité». Le spécialiste souligne aussi la diversification de l'investissement dans toutes les énergies dont dispose l'Algérie notamment les énergies renouvelables. Même son de cloche chez l'expert en gaz et pétrole, Cherfi Djemaoui, qui plaide pour sa part, pour la relance des activités pétrochimiques. «Face à la vérité des prix du pétrole, nos décideurs doivent entamer cette solution dans les quelques mois qui viennent», dit-il. Selon lui, la pétrochimie est un «pèle» très important d'autant que «l'Algérie dispose de moyens et d'équipements lui permettant de pallier ainsi certaines insuffisances de la rente pétrolière», dit-il encore.
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