En Algérie, il n'y a plus de crise du logement, selon les chiffres officiels présentés hier par le ministre de l'Habitat lui-même, dans un colloque. A en croire M. Nouredine Moussa, cette crise du logement est résorbée, puisque à fin 2007, le parc national de logements comptait 6,4 millions de logements. Le ministère de l'Habitat est affirmatif: en 1966, il y avait, en Algérie, 2 millions de logements seulement avec une part de 160.000 logements collectifs, soit 7,8%. En 1998, le parc national a atteint 5 millions de logements (soit 3 millions de logements supplémentaires) avec une part de 800.000 logements sociaux (16,68%). Et, toujours selon les chiffres officiels qui font bomber quelques torses ici et là, à fin 2007, le parc national de logements était de 6,4 millions d'unités dont 1,5 million de logements collectifs. Des chiffres et des chiffres. L'Etat consacre 20 milliards de dinars pour le secteur de l'habitat. Entre nous, ces chiffres ne reflètent que ce que les pouvoirs publics veulent qu'ils reflètent : une amère réalité. Car pourquoi jongler avec des chiffres quand la réalité est tout autre. Ben ! oui, la crise du logement n'a jamais été aussi préoccupante que ces dernières années, alors que la crise urbaine est autrement plus inquiétante, avec son lot de manifestations et d'éruptions sociales. Les statistiques ne sont pas, dans ce cas de figure, celui d'un bien très précieux que beaucoup d'Algériens ne possèdent pas, très significatifs quand ils ne sont pas apposés à d'autres données sociologiques. Car si en 1966, il n'y avait que 2 millions de logements, il n'y avait également que moins de dix millions d'Algériens, n'est-ce pas ? En 1998, il y avait également quelque 25 millions d'Algériens ou un peu plus, en 2007 un peu plus de 30 millions d'habitants. Alors, pourquoi donner les chiffres de logements sans les comparer avec le nombre d'habitants dans un pays où la crise du logement est née dès les années 70 parce que le pouvoir, à l'époque, avait mis la charrue devant les boeufs en optant pour un certain système socio-économique, au détriment du confort d'un peuple sorti meurtri de 130 années de colonialisme. Et aujourd'hui que nous sommes entre Algériens, que nous pouvons enfin tirer un trait sur le passé colonial et ses misérables conséquences socio-culturelles, voilà qu'on vient dire qu'il n'y a plus (ou presque) de crise de logements, quand dans le 1er pays économiquement et militairement le plus puissant, les Etats-Unis, la crise du logement n'a jamais été vaincue. Les loyers de simples F2 dans les villes sont hors de prix, les gens louent des appartements minables jusqu'à 100 km de leur lieu de travail, et certains veulent faire croire le contraire. Au fait, quel est le nombre de ces logements entamés et jamais réalisés dans plusieurs wilayas du pays avec l'argent du contribuable, des chantiers à l'abandon, ainsi que ceux attribués et jamais occupés ? Car à parler de chiffres, n'est-il pas souhaitable de parler de ces dizaines de milliers de logements vides ? En donner le chiffre soulagerait plus d'un Algérien.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Babès
Source : www.lequotidien-oran.com