Lourde dette de la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS). Elle doit aux hôpitaux français 32 millions d'euros. Ce montant, rappelé, hier, lors d'une conférence de presse à Alger, par la secrétaire d'Etat française chargée de la santé, Nora Berra, est contesté par la CNAS.
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - Le différend entre la CNAS et les hôpitaux français s'est révélé au grand public lorsque, en janvier dernier, un bébé algérien de huit mois, Manil Blidi, pourtant bénéficiaire d'une prise en charge de la CNAS pour soins à l'étranger, s'est vu refuser une admission dans un hôpital français au motif que la CNAS n'a pas honoré ses dettes. Le bébé Manil souffrait d'un déficit immunitaire sévère et devait subir une greffe de la moelle osseuse. Après une campagne médiatique soutenue, le bébé Manil a fini par être admis aux hospices civils de Lyon. Le ministère de la Santé français avait alors indiqué dans un communiqué que le bébé a été accueilli «pour des raisons médicales et humanitaires évidentes». Cependant, hier, lors de sa conférence de presse, Nora Berra a soutenu que le refus d'admission n'a pas été une attitude commune de l'ensemble des hôpitaux français mais propre aux seuls hôpitaux qui avaient des créances auprès de la CNAS. Ce qui, évidemment, contraste avec le communiqué du ministère français de la Santé qui, à l'époque, a souligné des raisons médicales et humanitaires. La CNAS, indexée comme mauvais payeur, a contesté le montant de 32 millions d'euros que lui réclamaient les hôpitaux français, du moins demandait-elle des justificatifs. Le différend est resté en l'état, jusqu'à la visite à Paris, il y a de cela un mois, du ministre de la Santé, Djamel Ould Abbès. Le dossier a été évoqué avec son homologue française Nora Berra. Les deux parties ont alors convenu de mettre en place un comité de travail entre la CNAS et la DSSF. Un comité qui n'a toujours pas été installé. «Nous attendons que la CNAS nous communique les dates pour l'installation du comité », a indiqué Nora Berra. La secrétaire d'Etat chargée de la santé, qui éprouve des difficultés certaines à valider sa candidature dans l'une des quatre circonscriptions lyonnaises aux législatives françaises, est restée très prudente sur des questions pouvant prêter à polémique. Ainsi, elle a préféré ne pas émettre de commentaire sur l'affaire, désormais saisie par la justice, de Sanofi Aventis, un laboratoire français sur qui pèse le soupçon, notamment relativement aux surfacturations. «Je ne commente pas une affaire de justice. Je ne connais pas le dossier judiciaire», a-t-elle dit. Militante UMP, Nora Berra n'a pas failli à la discipline partisane lorsqu'elle évoque la question de l'immigration. C'est le socialiste Michel Rocard qu'elle cite pour justifier les reconduites aux frontières dans le cadre des quotas institués sous Sarkozy. «Comme disait Michel Rocard en son temps, la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde.» Elle a réaffirmé que la France ne régularisera pas toutes les personnes étrangères se trouvant sur son sol. Pour elle, les bonnes conditions d'accueil constituent un préalable. Cela étant, la secrétaire d'Etat française chargée de la santé, en visite de deux jours en Algérie, travaille avec son homologue algérien à la conclusion d'une convention sur la biomédecine (prélèvement, transport et transplantation d'organes). Un comité bilatéral d'experts devra élaborer, pour ce faire, une feuille de route.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S A I
Source : www.lesoirdalgerie.com