Alger - Revue de Presse

Couffin du Ramadhan et navigation à vue



La rencontrerégionale, organisée hier au siège de la wilaya de Constantine, à l'enseigne dela rentrée sociale 2007/2008, et qui a réuni le ministre de la Solidariténationale avec l'ensemble des cadres de son secteur des wilayas de l'Est, lesassociations de la société civile, les représentants de l'union des commerçantsalgériens, les animateurs du Croissant-Rouge ainsi que les autorités civiles etmilitaires, n'a pas manqué de prendre les allures d'un véritable meeting, commeseul Djamel Ould Abbès sait le faire pour décliner les actions caritativesponctuelles et somme toute sans grande surprise, menées ici et là par sondépartement.Il faut avouerque la conjoncture particulière qui prévaut sur le front social, marquée par lepic de fièvre lié aux augmentations significatives des produits de premièrenécessité, a donné du «grain à moudre» à Ould Abbès pour prêcher la bonneparole, et rasséréner les populations à faibles revenus, explicitant par ledétail les mécanismes mis en place pour parer au plus pressé face à la criseambiante.De la solidarité,il en sera question, bien sûr, à Constantine sauf que la pomme de terre, vendueà des prix prohibitifs, le lait, la semoule, l'huile constitueront les ingrédientsprincipaux, auxquels le ministre consacrera l'essentiel de l'entame d'undiscours haut en couleur. Le résultat des courses est que les fluctuationscomplexes - réservées généralement aux initiés - sur les marchés internationauxdes prix de la pomme de terre, dont le ministre a annoncé l'importation de50.000 à 70.000 tonnes, d'ici le mois de novembre, ceux du blé tendre, du café,de la poudre de lait, etc. ont laissé longtemps l'assistance sur sa faim, dansle registre strict du dispositif de solidarité, inscrit au chapitre de l'aideaux écoliers nécessiteux et aux couffins du Ramadhan.Dans ce sens, lesdonnées statistiques et les chiffres approximatifs délivrés au cours de larencontre, après les digressions pédagogiques de Ould Abbès sur la pomme deterre, auront, en tout cas, vite fait de nouer l'estomac à certains quisemblaient minimiser la paupérisation de larges couches de la population etl'état de pauvreté aggravée des centaines de milliers de familles algériennes.Ainsi, dans la seule wilaya de Constantine, ce sont 32.000 élèves qui attendentau cours de cette rentrée scolaire l'aide émanant du ministère de la Solidariténationale, sans préjudice du nombre exponentiel de familles éligibles, il fautle rappeler, à la prime scolaire attribuée chaque année par l'Etat.Le budgetmobilisé pour cette opération du «cartable» dans la wilaya qui est élargie, enplus des élèves nécessiteux, aux enfants des victimes du terrorisme et deshandicapés, selon les chiffres rendus publics par Ould Abbès, est de 2,3milliards de centimes, si l'on y ajoute aux 8 millions de dinars attribués parle ministère de la Solidarité, les contributions financières de la wilaya etles l'APC. Concernant le couffin du Ramadhan, l'enveloppe financière est de 3milliards de centimes, dont 3 millions de dinars représentent la quote-part dudépartement de Ould Abbès. En attendant, et sur le plan statistique, c'estfranchement le flou... artistique à Constantine puisque aucun chiffre fiabledes familles concernées par le dispositif du «couffin du Ramadhan» n'a pu êtrecommuniqué. De l'avis même des responsables concernés, si l'on sait le prix derevient du «couffin», 4.000 dinars nous dit-on, personne ne peut en chiffrer lenombre exact pour l'instant, sachant seulement que l'opération de distributionest dévolue, comme d'habitude, aux services sociaux des APC et des antennes duCroissant-Rouge algérien.Sans forcer letrait, le sentiment largement partagé, au sortir des travaux de cette rencontrerégionale des «états généraux» locaux de la solidarité nationale, exercée pardifférents acteurs dans la wilaya de Constantine, est que les nécessiteux sontde plus en plus nombreux. En l'absence de données et d'expertises pointues surle sujet établies par des institutions habilitées, la solidarité en Algériec'est la navigation à vue.
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