Les édiles ne sont pas des anges
Le nombre des élus poursuivis en justice, avoisine les 350 durant ces trois dernières années.
Le tribunal correctionnel d’Oran a condamné, lundi dernier, cinq anciens élus de l’Assemblée populaire communale et un ancien responsable de l’administration à des peines de deux années de prison ferme.Près de 99% des mairies poursuivies en justice La quasi-totalité des mairies sont poursuivies en justice pour indemnisation et dommages et intérêts, a affirmé, hier à Alger, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales. «Nous avons actuellement la quasi-totalité des mairies qui ont des procès en justice en indemnisation et dommages et intérêts», a déclaré Yazid Zerhouni qui a expliqué que cette situation est due au fait que des maires ont pris des décisions sans tenir compte de l’avis des services techniques. «Ces décisions ont, par la suite, créé des nuisances et des dégâts au détriment des citoyens», a-t-il dit. «Il faut que le maire sache que, quand il prend une décision, en passant outre la loi ou l’avis des services techniques concernés, il engage sa responsabilité civile et pénale», a-t-il insisté, soulignant que cette clarification figurera dans le nouveau Code communal.Ces derniers étaient poursuivis pour dilapidation de deniers publics. Ils ont été également condamnés pour passation de marchés, contraire à la réglementation. Cette affaire n’est qu’une partie de la face visible de l’iceberg. Le nombre des élus poursuivis en justice a avoisiné les 350 durant ces trois dernières années. Sans compter les enquêtes actuellement en cours, ce chiffre est déjà énorme! Pis encore, cette liste est appelée à s’allonger.Neuf mois après les élections municipales, qui ont vu les Algériens élirent leurs représentants au niveau des Assemblées populaires communales, ces derniers ont-ils mieux répondu aux doléances de leurs électeurs que leurs prédécesseurs? Ces derniers sont-ils intègres dans la gestion de «leurs» localités? Deux questions auxquelles, seul, l’avenir pourrait apporter les réponses attendues.En s’appuyant sur les prérogatives dont ils jouissent, certains élus ont un comportement de pachas. L’abus d’autorité, l’occupation de leur temps à des affaires personnelles et la perception des bakchichs sont devenus monnaie courante chez certains représentants du peuple.Ce phénomène, plutôt ce mode de vie, est caractéristique dans les sphères de l’administration et des collectivités locales. Accorder tel ou tel projet à telle ou telle entreprise qualifiée de «mieux-disante», laisse sous-entendre la «tchipa» et le remplissage des poches, sans aucun scrupule.La pratique de la corruption serait quasi systématique dans l’octroi des marchés en Algérie. Le rapport sur le développement dans le monde, en 2005, de la Banque mondiale (BM), précise que 75% des entreprises algériennes, interrogées, ont reconnu avoir versé des pots-de-vin. Qu’en est-il aujourd’hui? La question reste posée.La corruption est donc un mal qui ronge le monde des affaires et dont l’élimination est une question de l’heure. Pour ce faire, le département de Zerhouni a déjà initié, il y a quelques mois, une formation au profit de 1541 présidents d’APC.L’objectif essentiel de cette démarche, entre dans le cadre de la modernisation de l’administration territoriale et le développement de la performance des présidents d’APC.Lors de cette formation, les élus ont eu droit à une prise de conscience de la bonne gestion des affaires des localités sans qu’il n’y ait lieu de recourir à des moyens illégaux. Si l’usage de ces basses pratiques n’a pas un effet puissant, le chef du gouvernement n’aurait pas eu à le souligner lors du premier Conseil du gouvernement depuis sa désignation.«Nous mènerons une lutte sans pitié contre la corruption en Algérie», assure ainsi Ahmed Ouyahia. En effet, la mobilisation sera établie «conformément aux directives du président de la République», souligne le chef du gouvernement.M.Ouyahia a, notamment instruit les membres de son cabinet à une plus grande mobilisation dans la lutte contre les maux sociaux, particulièrement la corruption. L’Etat va donc combattre toutes les formes de corruption.Mais comment fera-t-il alors que la «tchipa» est incrustée comme partie prenante dans les «affaires»?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Abbas AÏT HAMLAT
Source : www.lexpressiondz.com