Alger et Paris semblent pressées de rattraper le temps perdu et veulent aller vite. Pour ce faire, toute la détermination est affichée, mais parviendront-elles à dépasser les «réalités» soulevées hier de part et d'autre à l'ouverture du Comefa 'Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Les propos du ministre français de l'Economie et des Finances ont, en tous les cas, eu le mérite d'être clairs. «La France, dit-il, a perdu énormément de terrain en Algérie. Elle se doit d'inverser la tendance.» Et d'ajouter : «Je suis un homme concret, les chiffres que je détiens parlent d'eux-mêmes. Depuis 2010, nos activités économiques ont chuté de 24 à 10%. Ce n'est pas bon.» Et d'expliquer davantage. Selon Bruno Le Maire, cette perte de terrain est due à la concurrence rude menée par la Chine, la Turquie et d'autres pays encore qui cherchent à étendre leur zone d'influence économique.
Le ministre français décide d'ajouter sa touche personnelle dans son discours. «J'ai, dit-il, éprouvé beaucoup d'émotion en me déplaçant à Alger où mon grand-père est né en 1899. Je découvre une capitale, un pays avec lequel je suis lié par le sang. N'en déplaise à certains, nos deux pays sont liés par l'Histoire, un passé et un avenir pour lequel nous devons travailler en commun et en particulier avec la jeunesse algérienne et française.»
Cette jeunesse, Jean-Yves Le Drian l'évoque lui aussi beaucoup dans ses deux discours d'ouverture et de clôture de la session du Comefa. Il fait d'emblée savoir que les accords «jeunes actifs» devant permettre aux compétences des deux nations de travailler dans l'un et l'autre des pays ont été ratifiés à Paris, et que leur ratification se fera prochainement à Alger. Mais ce qui semble lui tenir à cœur, Le Drian l'exprime sans détour et le définit en trois points. «La France, dit-il, se réforme dans tous les domaines et se veut être une locomotive économique. En deuxième lieu, nous constatons que l'Algérie est engagée dans des actions de grande ampleur notamment dans le domaine économique, et nous voulons être partenaires de cette évolution. Dans mon troisième point, je veux rappeler que votre pays est très riche et possède le potentiel de la jeunesse vers lequel nous dirigeons nos espoirs.» Le MAE français évoque également la nécessité de booster les relations multisectorielles mais fait savoir que son intérêt primordial se focalise sur l'aspect sécuritaire. Il rappelle l'existence de graves problèmes de sécurité dans la région et ailleurs dans le monde «un extrémisme violent qu'il faut combattre» avant d'ajouter : «Pour moi, c'est la priorité.»
Parmi la délégation qui l'accompagne figurent de hauts responsables français chargés de la sécurité. Ces derniers ont pris part hier à la troisième session de «dialogue stratégique» algéro-français qui sera sanctionné par une déclaration prévue à la fin de la rencontre. De hauts responsables algériens chargés de la sécurité ont pris également part à ce dialogue. «Les réalités» se débattaient à ce niveau.
Peu de temps après l'ouverture du Comité mixte économique algéro-français, les deux MAE se sont d'ailleurs retirés pour entamer les discussions bilatérales. «Des thèmes très importants ont été débattus, indique Le Drian en précisant que ces entretiens ont porté y compris sur la visite du Président français à Alger. «Elle interviendra prochainement, beaucoup de pas ont été avancés dans ce sens.» La signature du contrat pour l'ouverture de l'usine Peugeot, Shneider Elec El-Djazaïr et Agromed est intervenue vers 13 h30. Avant cela, le ministre algérien des Affaires étrangères avait, lui aussi, fait part des «réalités» telles qu'elles se présentent. «Il y a lieu de noter, dit-il, la faiblesse des partenariats impliquant des investissements directs dans la quarantaine d'accords et de protocoles signés dans le cadre du Comefa depuis sa création.»
Messahel se dit cependant confiant en cet organisme qui constitue, selon lui, un «forum de réflexion et d'actions intéressant pour le développement du tissu industriel algérien». Il ajoute que la signature du contrat Peugeot est une preuve qui «vient concrétiser la valeur du Comefa».
De nombreux ministres du gouvernement ont été invités à assister à la signature de l'accord. Un fait qui n'est pas passé inaperçu aux yeux de Le Drian qui a tenu à évoquer «cette présence nombreuse et qualitative».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A C
Source : www.lesoirdalgerie.com