
Convaincre les grandes puissances sur l'impératif du désarmement nucléaire complet est le "défi majeur" de la prochaine Conférence d'examen 2015 du traité de non prolifération des armes nucléaires (TNP) prévue du 27 avril au 22 mai à New York, a affirmé mercredi à Alger, l'ambassadeur Conseiller, Mme Taos Ferroukhi qui présidera la rencontre au nom de l'Algérie."Le plan d'action de la 8ème Conférence d'examen de 2000 avait mis l'accent sur le troisième pilier du traité qui est le désarmement nucléaire, mais, concrètement, nous n'avons enregistré aucune avancée à ce sujet qui reste encore aujourd'hui un défi majeur", a souligné Mme Ferroukhi dans une déclaration à l'APS en marge du séminaire préparant la Conférence de New York.Elle a appelé les pays parties du TNP non détenteurs d'armes nucléaires, qui sont majoritaires, à "faire pression" sur les pays détenteurs de ces armes, pour un désarmement nucléaire complet, qui demeure un "grand défi" pour les Etats parties.Mme Ferroukhi a également souligné que la prochaine Conférence se tiendra dans un climat de tension dans les relations entre deux grandes puissances, à savoir les USA et la Russie, et de la question de la nécessité d'établir une Zone exempte d'armes nucléaires au Moyen Orient qui n'a pas encore été concrétisée."Il y a beaucoup de sensibilité dans les questions qui touchent aux arsenaux nucléaires, puisqu'il s'agit des doctrines de sécurité des Etats qui sont des sujets sensibles, et il est très difficile de parvenir aisément à un accord", a-t-elle fait savoir.La diplomate a souligné qu'"il y a eu de grosses pressions sur les Etats parties au traité qui ne respectent pas ses dispositions de la part des non nucléaires pour les pousser à se débarrasser de leur arsenal nucléaire".A une question de savoir comment des Etats en développement peuvent imposer un désarmement nucléaire aux grandes puissances détentrices de cette arme, Mme Ferroukhi a répondu que les Etats parties au TNP "se respectent mutuellement" et qu'il ne s'agissait pas d'imposer un comportement mais plutôt de "voir ensemble comment coopérer davantage dans le respect des obligations de part et d'autre".Elle a néanmoins relevé qu'au titre du traité qui enjoint les Etats nucléaires à l'élimination des armes nucléaires, les non nucléaires veulent que les autres "accélèrent leur cadence parce qu'il y a une marge pour faire plus".Elle a par ailleurs, rappelé que la Conférence, comme stipulé par le paragraphe 3 de l'article 8 du traité, est organisée toutes les 5 années par rotation. 2015 est le tour de l'Afrique, et "plusieurs Etats ont sollicité l'Algérie pour la présider", ce qui est "une responsabilité énorme".Le choix de l'Algérie est un "très grand signe de confiance et d'appui que nous font tous les groupes régionaux et les Etats parties du TNP, de l'avis de Mme Ferroukhi qui a rappelé que L'Algérie avait présidé la conférence d'examen 2000.La Conférence d'examen fait le bilan de ce qui a été fait et appliqué des recommandations de la précédente Conférence et du respect des dispositions du TNP, mais, prépare également de nouvelles recommandations pour les 5 prochaines années.Les principales dispositions du TNP sont le désarmement, la non prolifération et l'utilisation pacifique de l'atome, ou l'énergie nucléaire.Le séminaire d'Alger a regroupé les pays parties du traité, "les plus importants, entre autres, l'Afrique du Sud, le Nigeria, la Tunisie, le Maroc, l'Iran en tant que président du groupe des non alignés au traité, et plusieurs pays européens, a souligné l'ambassadeur.Elle a rappelé que tous les pays membres de l'ONU sont parties au traité à l'exception de l'Inde, le Pakistan et Israël.Elle a par ailleurs relevé que la science nucléaire est "le réceptacle de toutes les sciences et permet de renforcer la base scientifique et technique, et a énormément d'applications dans divers domaines, notamment la santé, l'agriculture, l'environnement et l'électricité"."Elle est très convoitée parce qu'étant une science très pointue, la science nucléaire fait avancer l'économie et le développement de tout pays, lorsqu'elle est utilisé à des fins pacifiques" a conclu Mme Ferroukhi.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz