C'est à travers sa diplomatie qu'on perçoit le mieux l'état de l'Algérie : un pays mal dans sa peau. Depuis une décennie, son action internationale se résume à des rendez-vous ratés, des velléités contenues, des retournements injustifiés et des initiatives inachevées.
Tout nouveau tout beau, le régime débute la décennie 2000 avec des gesticulations tous azimuts. Présent dans les forums les plus dérisoires ou dans les forums les plus selects, le pouvoir a fini par en faire une technique de promotion intérieure. Lorsque ses promesses de réconciliation, de réformes et de développement connurent la panne qui, depuis, ligote le pays, il ne lui restait que les mondanités et toasts filmés pour compenser le déficit de crédit de sa politique locale par des marques de prestige extérieur.
C'est avec la France que cette pratique des visites de courtoisie, prometteuses et stériles à la fois, a connu son usage le plus abusif : en été 2004, quatre ministres français se sont déplacés à Alger en un mois ! Auparavant, le président Chirac avait fait trois voyages en trente mois ! Avec le début du mandat Sarkozy, le chassé-croisé a repris. Ce n'est pas pour autant que les relations algéro-françaises ont avancé.
Sommet et présidence de l'Union africaine ou du Maghreb, défilé d'émirs du Moyen-Orient n'ont pas non plus fait progresser nos activités de coopération internationale. Toute cette frénésie s'est avérée d'une extraordinaire infécondité. Avec la France, la gestion de la relation consiste désormais à sauver les meubles pour ne pas hypothéquer une perspective qui n'existe pas, l'UA n'est plus qu'un forum d'indécisions, le Nepad est pratiquement enterré, l'Union du Maghreb n'existe plus depuis longtemps, les émirs ne viennent plus que pour la chasse à l'outarde. Il n'y a que les émirs du Qatar qui viennent autant à Alger qu'à El-Bayadh.
Mais ce qu'on appelle le 'Printemps arabe' a constitué le révélateur le plus éloquent du déficit de crédit et d'efficacité dont souffre désormais notre position dans le concert des nations. L'Algérie, dotée d'un régime coincé entre dictature de fait et discours démocratisant, refuse de s'identifier politiquement : faute d'instruments d'évaluation du mouvement, elle court derrière des évènements.
Mais c'est la situation en Syrie qui illustre le mieux l'impossible conciliation entre un environnement dont l'évolution s'accélère et un pouvoir, en Algérie comme dans la plupart des Etats arabes, qui s'agrippe au passé autoritaire. C'est émouvant comme on tente désespérément de sauver Bachar al- Assad malgré lui. Dans la droite ligne d'une Ligue arabe effrayée par la pédagogie des révoltes pour le changement. La non-ingérence servant de prétexte, sans confronter ce principe aux cris du peuple syrien en révolte, qui, dans un de ses vendredis thématiques, vient d'appeler à l'intervention de la communauté internationale !
M. H.
PS : Dans sa mise au point, le ministère écrit que M. Hammouche 'reprend à son compte' une information et 'accuse' le secteur de la culture... Le chroniqueur a, en fait, commenté une information dont il n'est pas l'auteur et qu'il ne confirme point. D'ailleurs, le commentaire ne porte pas spécialement sur cette information, reprise au conditionnel, mais sur la pratique de malversations en général qui, malheureusement, constitue un fléau national. Il est heureux qu'il ne s'agisse que d'une fausse alerte.
musthammouche@yahoo.fr
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mustapha Hammouche
Source : www.liberte-algerie.com