Alger - Revue de Presse

Construire l'Union méditerranéenne autour de projets Exit les sujets qui fâchent



« Notre objectif est que les peuples méditerranéens reprennent leur destin en main», a déclaré hier au Quotidien d'Oran Renaud Muselier, président de la mission d'information parlementaire française sur le projet de l'Union méditerranéenne qui a présenté les grandes lignes de son rapport adopté, le jour même, par la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française. Comme pour éviter les sujets qui fâchent et sont à l'origine du bilan «mitigé» du processus de Barcelone, la mission d'information parlementaire propose de «construire l'Union méditerranéenne» autour de projets «concrets» labellisés «Med», façon de leur donner plus de consistance que de signification. «La construction de l'Union méditerranéenne ne prendra véritablement forme qu'en se fondant sur des projets concrets, répondant aux besoins et aux attentes des populations des deux rives de la Méditerranée», plaident les membres de cette mission d'information. Priorité est ainsi donnée aux «projets concrets» et pour les mener à bien, quatre «principes» sont préconisés par les dix membres de la mission, à savoir: «Des projets d'intérêt commun», «un mécanisme de codécision qui attribue une place égale à chaque participant», l'implication sur la base de volontariat» et «l'ouverture du processus à la société civile». Elisabeth Guigou, ancienne ministre socialiste et actuelle vice-présidente de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée française, a insisté sur la «codécision comme substitution au «paternalisme» exercé par l'Union européenne. Et «la priorité» des «priorités» est l'eau, un domaine qui aurait fait consensus autour de lui, de la part des personnalités consultées par la mission dans le cadre de son travail, si l'on croit M. Muselier, également maire-adjoint de Marseille, ville qui devrait abriter le «sommet du lancement» du projet prévu courant «première quinzaine de juin 2008». Et pour mieux défendre une Union méditerranéenne «complémentaire «du processus euro-méditerranéen de Barcelone, la mission veut faire en sorte que cette future Union »dépasse le cadre bilatéral Union européenne/Méditerranée du sud» pour instaurer «un partenariat multilatéral dans lequel chaque Etat membre se trouve à égalité». Elle propose même une «charte de partenariat» entre UE et UM afin de garantir cette complémentarité et «conforte les acquis» du processus de Barcelone. Or, il est de notoriété publique que les lacunes de ce processus expliquent, en partie, son bilan qualifié de mitigé. Le conflit israélo-palestinien et celui du Sahara occidental, qui divisent plus qu'ils unissent, sont ainsi évités et on trouve même l'élégance de prendre en exemple l'Union européenne construite autour «du fer et du charbon». «On voit comment l'Union européenne s'est construite autour du fer et du charbon, dans une situation conflictuelle d'après guerre», dira M. Muselier qui a présenté les propositions de la mission d'information qu'il préside comme un «mode d'emploi» devant faire «l'effet levier». La position de l'Algérie est claire concernant ce projet. Sans la résolution de ces deux conflits qui perdurent depuis des décennies, une Union méditerranéenne ne serait que pure chimère. Le président de la République Abdelaziz Bouteflika, l'a souligné hier à l'occasion de la visite de M. Sarkozy, l'initiateur du projet qu'il défend « bec et ongles » : «En Algérie, nous sommes disposés à contribuer à sa réalisation dans la mesure où nous aurons précisé ses contours et ses objectifs ainsi que la place qu'il prendra au côté des organismes qui sont déjà en place et qui rassemblent les pays des deux rives de la Méditerranée». Il a ajouté que «la tragédie du peuple palestinien dure depuis plus d'un demi-siècle et il serait vain d'imaginer une Méditerranée apaisée et fraternelle sans qu'il y soit mis fin de manière définitive»; il est de même pour le peuple du Sahara occidental «dont le droit à l'autodétermination est reconnu sur le plan international et devrait pouvoir être exercé librement et sans restrictions». Pour les membres de la mission française, des projets «concrets, d'intérêt commun» pourraient fédérer les Etats du pourtour de la Méditerranée et contribuer à aplanir les difficultés. On attend pour voir. La France est décidée à porter ce projet qu'elle compte lancer lors de la Conférence de juin prochain prévue à Marseille.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)