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Constructions illicites : un mal qui ronge la ville



Constructions illicites : un mal qui ronge la ville
En venant, le temps des vacances, rendre visite à la famille, des émigrés d'El-Khemis ont été vite dépaysés. Ils ne reconnaissent plus leur ville natale.
La ville s'est agrandie démesurément, en constructions et population. Elle compte plus de 96 000 habitants avec des quartiers de grande importance : Dardara, Boutane, Souamaâ, Wiem, Souffay. D'ailleurs, de par sa situation géographique privilégiée, se trouvant sur un axe routier et commercial de grande importance, elle attire beaucoup de monde. On peut le constater facilement dès le matin. Une foule nombreuse envahit la ville et le trafic y est immense. De longues files d'attente se forment devant les guichets de la poste centrale. Au marché, c'est le même spectacle : les étalages sont envahis par les clients qui achètent sans marchander et le soir, vers dix-huit heures, toutes les marchandises sont écoulées et il ne reste que des tas d'ordures qui traînent un peu partout. Tous ces facteurs ont poussé beaucoup de gens à s'installer dans cette ville et bâtir des maisons par n'importe quel moyen. Aujourd'hui, la ville souffre des conséquences de l'exode rural, surtout durant la décennie noire. La moindre parcelle est prise d'assaut. Les moyens ' On utilise toutes les ficelles pour arriver à ses fins : corruption, laxisme des pouvoirs publics, passe-droits, etc. Nous avons parcouru plusieurs quartiers et le constat qui se dégage est le suivant : les règles les plus élémentaires ont été bafouées. Le quartier Souamaâ, au nord de la ville, a complètement changé de visage. Les gens sont venus de partout pour construire des abris rudimentaires. Selon les renseignements recueillis auprès des services de l'APC, ce quartier compte plus de trois cents habitations illicites. A la cité Boutane, des dizaines de familles venues de loin se sont installées au bord de l'oued ! D'autres groupes ont bâti des maisons à deux étages, à côté des pylônes de haute tension. Quant à la cité des Eucalyptus, jadis verdoyante, elle n'existe plus. En une nuit, plus de cent arbres ont été arrachées. Des constructions archaïques s'étendent à perte de vue atteignant la grande forêt qui longe la RN4 Khémis-Miliana/Alger. Nous avons voulu connaître les avis de quelques personnalités de la ville à propos de cette anarchie régnant dans le secteur de l'habitat. F. M., ancien député : «C'est un problème grave pour la ville. On parle maintenant de raser les constructions illicites. C'est un faux problème. Il est impossible de réaliser une telle opération. On constate un laxisme des autorités concernées. Il fallait agir dès le début et empêcher ces constructions nuisibles au plan de travail de la commune.» De son côté, K. L., membre de l'exécutif, dira : «On a hérité d'une situation catastrophique. De nombreux facteurs ont encouragé ce phénomène, dont l'exode rural, l'abandon des terres, le chômage. Nous sommes conscients, car cette situation a créé beaucoup de problèmes tels que l'assainissement, l'alimentation en eau potable et l'électricité. Il faudrait une campagne de sensibilisation de la population et une application rigoureuse des textes de loi pour assainir et revenir à une situation normale.» Le vice-président de l'APC nous précise : «Beaucoup de problèmes ont été créés par ces constructions. On s'aperçoit qu'il existe une certaine complicité, car ces maisons construites à la hâte possèdent un compteur fourni par la Sonelgaz. Nous avons établi à ce jour 147 actes de démolition, mais les opérations sont toujours bloquées.» A la Direction de l'urbanisme, c'est le même problème. Le responsable nous donne son avis. «Pour les constructions illicites, nous avons effectué un recensement à travers toute la commune et nous avons envoyé des correspondances pour que chacun respecte les textes en vigueur.» La sonnette d'alarme est tirée. L'APC doit avoir de gros moyens pour faire face à ces problèmes qui empêchent le bon développement de la cité.
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