
La complicité des DEC durant la décennie noire et leur connexion avec une certaine mafia du foncier ont fait que la majorité des terres agricoles que recelait la capitale ont été détournées de leur vocation et transformées en villas.Le problème des constructions qui ne répondent à aucune norme architecturale au niveau d'Alger ne cesse d'occuper le devant de la scène. Il ne se passe pas un jour sans que des présidents d'APC évoquent les problèmes de la disponibilité des assiettes de terrain indispensables pour la réalisation de projets d'utilité publique. Que ce soit à Hydra, Bir Mourad Raïs, Sidi M'hamed, Belouizdad, Hussein Dey, ou dans la grande majorité des communes de l'Algérois, ce problème revient à chaque fois. Même dans les communes qui avaient autrefois une vocation agropastorale, à l'image de Birtouta, Douéra, Ouled Chebel ou encore Réghaïa et Rouiba, ce problème continue de se poser en raison de la nature juridique des assiettes de terrain (terrains privés, terrains Wakf...), ou encore des EAC et EAI (exploitation agricole collective ou individuelle). Pourtant, les différents directeurs qui se sont succédé à la tête de la direction de l'urbanisme n'arrêtaient pas de déclarer, dès que l'occasion se présentait, que la capitale est l'une des rares villes en Algérie à avoir son propre Plan directeur de l'aménagement urbain (PDAU), nécessaire pour réglementer l'urbanisation et harmoniser les projets de construction. Sauf que pour de nombreux architectes urbanistes, ce plan n'a jamais été adopté, ni mis en exécution sur le terrain.Plusieurs constructions individuelles et même parfois publiques ont été érigées sur des canalisations de gaz, d'AEP et même sur des oueds secs. La complicité des DEC durant la décennie noire et leur connexion avec une certaine mafia du foncier ont fait que la majorité des terres agricoles que recelait la capitale ont été détournées de leur vocation et transformées en villas. Les cas les plus édifiants nous parviennent de Dely Ibrahim, Chéraga, Baba Hassan, Birkhadem, Bordj El Kiffan, Aïn Taya, etc. Aucune commune n'a été épargnée par ce phénomène. Le comble est que la majorité de ces constructions individuelle ne détient pas d'acte de propriété.Des difficultés pour réaliser des projets publicsAprès ces années d'anarchie et d'absence de l'Etat, les pouvoirs publics éprouvent, aujourd'hui, des difficultés pour trouver des assiettes de terrain pour des projets publics et même pour respecter le tracé d'un projet routier.Ce cas précis s'est posé pour la réalisation de la seconde rocade autoroutière Sud (Boumerdès-Zéralda), où il a fallu démolir de nombreuses habitations privées et dédommager leurs propriétaires à coups de centaines de milliards de centimes. Idem pour les actuelles extensions du métro d'Alger ou encore du tramway. Les pouvoirs publics sont obligés de dédommager des citoyens qui ont construit sans autorisation, ni permis de construire ni plan d'urbanisme. Les pouvoirs publics sont appelés aujourd'hui à frapper avec une main de fer. En commençant par interdire toute nouvelle construction sans permis de construire établi par les autorités compétentes, c'est-à-dire par un établissement de gestion dépendant directement du wali et qui doit «rendre des comptes» annuellement. Il faut également interdire aux collectivités locales, parfois complices au plus haut niveau, d'établir les permis de construire ou de délivrer des assiettes de terrain aux particuliers.En République populaire de Chine, une directive officielle a été rendue publique interdisant «l'architecture bizarre», selon des médias. Selon cette directive, les bâtiments doivent être «économiques, fonctionnels, esthétiquement agréables et écologiques». Les autorités chinoises avaient critiqué l'architecture de nombreux bâtiments pour leurs trop grandes dimensions et leur soi-disant xénocentrisme, en d'autres termes l'orientation sur d'autres cultures au détriment de la culture chinoise.Chez nous, il est aujourd'hui plus que nécessaire de donner à la capitale ses lettres de noblesses et de mettre de l'ordre dans ce «désordre urbanistique» qui n'a que trop duré.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N K
Source : www.letempsdz.com