
Nacer Ramoul s'était lancé en 2004 dans l'aventure de l'agroalimentaire. Il créa, sur son propre fonds, une entreprise de mise en bouteille de l'huile d'olive. La première du genre à l'est du pays.Il prendra même attache avec des pays européens pour une éventuelle exportation de son produit, mais ses tentatives finiront dans les fonds des tiroirs de la bureaucratie.Aujourd'hui, il poursuit son aventure, juste pour le fun, car, comme il le dit «la concurrence déloyale que je subis de la part des «trafiquants» de ce genre de produits, ne me permet malheureusement d'espérer d'aller encore de l'avant». Labélisée, l'huile de M. Ramoul se vend 600 DA le litre. «C'est une huile extra fine, dont le taux d'acidité ne dépasse pas les 0,5 %. Je contrôle moi-même l'ensemble du processus de la trituration jusqu'à la mise en bouteille.Je la vends au même prix que l'huile douteuse, qui se vend un peu partout sur les trottoirs. En plus, la mise en bouteille me revient à plus de 60 DA l'unité en verre. Avec toute la garantie de mon produit, je gagne beaucoup moins que les vendeurs qui mélangent l'huile d'olive à la végétale», explique notre interlocuteur. Cela n'est pas encourageant, alors qu'on tente, à travers des slogans, d'emmener les gens à consommer Algérien, comme s'il suffisait de le demander pour que cela se produise.Interrogé à ce sujet, M. Ramoul ne se fait pas trop d'illusions : «pour l'huile d'olive, notre pays manque terriblement de traditions culinaires relatives à la consommation de ce produit. C'est vrai que des efforts considérables sont entrepris pour encourager l'oléiculture, mais cela tarde à se répercuter sur la consommation. En Grèce par exemple, le taux de consommation d'huile d'olive par habitant est de 35 litres par an. Notre pays n'est même pas classé dans le tableau de consommation par habitant à l'instar d'autres pays méditerranéens.» Et que faire alors'Pour M. Ramoul la meilleure manière d'instaurer des traditions de consommation de ce produit naturel est à chercher auprès des jeunes générations. Il explique «Si l'Etat décide d'exiger de ne servir les cantines scolaires que d'huile d'olive à la place de l'huile dite ?sans-goût' on gagnera aussi bien sur la normalisation de ce produit, sur sa production et on inculquera surtout à nos enfants une culture gustative saine et bénéfique». Mais M. Ramoul entend poursuivre son aventure, juste pour sauver l'essentiel. Le rêve qu'il nourrissait en 2004 est pour le moment en standby en attendant des jours meilleurs.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khider Ouahab
Source : www.elwatan.com