
Même si cela relève aujourd'hui de l'anecdote, ils sont nombreux les Algérois à vivre cette situation comme un véritable drame. Il aura fallu attendre 1992, et l'arrivée de Feu Mohamed Boudiaf pour qu'on se rende compte que l'un des plus beaux boulevards de la capitale porte le nom d'une personne frappée de suspicion quant au rôle qu'elle aurait joué durant la guerre de libération?: Salah Bouakouir. Et même si ce boulevard a, depuis, été rebaptisé Krim-Belkacem, cela n'a pas manqué de créer un climat de défiance envers d'autres noms de rues qui elles portent les noms de véritables héros. Un Algérois sexagénaire rencontré justement dans un café sur ce boulevard nous confie?: «Pour éviter de me tromper, je préfère appeler les rues d'Alger par leurs anciens noms. Au moins je sais de quoi ou de qui il s'agit. Quand je dis «la rue Meissonnier», je suis au moins sûr qu'il s'agit, soit du peintre (Ernest Meissonier) ou bien du bourreau de Zabana (Fernand?Meissonnier). Que ce soit l'un ou l'autre, je sais de qui il s'agit. Je préfère savoir que d'évoquer le nom d'une personne qui serait un traître à la nation que certains voudraient faire passer pour un héros de la Guerre de libération nationale». Triste vérité qui explique peut-être, du moins en partie, pourquoi les Algérois ont plus tendance à garder en mémoire les Burdeau, Lavigerie, Randon ou encore Clauzel.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L S
Source : www.infosoir.com