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Consensus pour un climat social apaisé '



Consensus pour un climat social apaisé '
La rentrée sociale cette année revêt un caractère particulier parce qu'elle intervient dans un contexte de crise économique et financière qui a impacté dangereusement nos équilibres budgétaires et financiers conséquemment à la chute des cours du pétrole.La nature de la réponse renvoie à la nature du système politique en Algérie. On se souvient, dans les années 1990, en pleine crise financière et politique, du fait du terrorisme et de la chute drastique de nos recettes d'exportation des hydrocarbures, aucun chef de l'Exécutif n'avait pris le risque d'aller vers le rééchelonnement de notre dette extérieure. Rédha Malek, en concertation avec les organisations syndicales, l'a fait, semble-t-il, sur inspiration du pouvoir réel. Si tel est le cas, l'on serait en présence de deux pouvoirs. L'un réel et l'autre apparent. Alors dans le contexte d'aujourd'hui, qui va décider en prenant le risque d'enflammer le front social ' Et pourtant, les partenaires socioéconomiques (patronat, syndicats...) semblent s'être mis d'accord pour un front social stable. Est-ce le calme qui précède la tempête ' Le taux des transferts sociaux par rapport au PIB est le plus élevé au monde, avait déclaré le président de la République dans son message à l'occasion du 5 juillet. C'est là une réalité que personne ne peut nier. Mais est-ce pour autant la meilleure politique économique dans un contexte international marqué aujourd'hui par une crise financière structurelle qui nous a directement impactés ' Outre la compétitivité des facteurs de production à l'échelle planétaire dictée par la mondialisation, le mot d'ordre au niveau international est à la rigueur budgétaire, à la réduction des déficits et à la rationalisation des dépenses. Pour rappel, la loi de finances de 2015 prévoit un montant de 1711,7 milliards de DA au titre des transferts sociaux en provenance du budget de l'Etat, soit environ 9,1% du PIB, en hausse de 6,4% par rapport à 2014. Une part de 65,3% de ces transferts devra être destinée au soutien aux familles, à l'habitat et à la santé. Les subventions des prix des produits de base (céréales, lait, sucre et huile alimentaire) absorberont 13,2% de l'ensemble des transferts. Cette démarche des pouvoirs politiques successifs depuis l'indépendance répond à deux soucis majeurs. "Assister" les couches sociales les plus vulnérables afin de stabiliser et préserver la paix sociale d'une part, et d'autre part il s'agit de faire bénéficier ces catégories sociales d'une partie de la rente pétrolière. De nombreux observateurs politiques de même que d'éminents économistes, qui ne se revendiquent pas de l'ultralibéralisme, qualifient la politique économique nationale de "populiste" qui annihile chez l'Algérien tout esprit d'initiative et d'entreprise. Ces mêmes économistes n'ont pas cessé d'appeler à un nouveau paradigme économique afin de libérer le pays des griffes de la rente. Non seulement ils n'ont pas été écoutés, pis encore, ils ont été souvent stigmatisés et qualifiés, par certains cercles du pouvoir, d'"opposants nihilistes". Alors que faire aujourd'hui, face à la chute vertigineuse des cours du pétrole et la contraction de nos recettes extérieures ' Les pouvoirs publics sont visiblement dans une situation délicate. Ils doivent faire face à deux contraintes. L'amenuisement de nos capacités financières et l'obligation de continuer une politique sociale, qui, aussi généreuse soit-elle, nous mènera "droit au mur". Sans omettre la question de légitimité du pouvoir qui l'obligera à ne pas "trop tirer le diable par la queue" au risque de provoquer des émeutes populaires à large échelle. Au demeurant, c'est dans un climat délétère et de crispations sociopolitiques que le pouvoir semble changer de discours. Ainsi une nouvelle sémantique basée sur un nouveau lexique apparaît. Diversification de l'économie, promotion de la production nationale, consommer algérien... Dans le même temps, des voix s'élèvent en faveur de la mise en place de mécanismes de subventions ciblées, de révision des prix de l'énergie, des carburants que l'Algérie importe en quantités importantes depuis 2013, de l'électricité, du gaz et de l'eau pour endiguer le gaspillage de ces ressources. Mais dans de telles conditions, quelle que soit la volonté de l'Etat d'apporter les réponses idoines à ces questions, la persistance d'un mode de gouvernance permissif et perverti par la corruption, la fraude fiscale et les passe-droits de toute nature, les couches populaires n'accepteront pas de supporter à elles seules le poids de l'austérité. L'avenir des subventions est en suspens et les Algériens retiennent leur souffle. D'autant que 2016 se présente sous de mauvais auspices.A. H.


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