La ligue « désarmée »
Au-delà du problème avec Israël, le projet d?unification du monde arabe dépend en grande partie du règlement des conflits interarabes eux-mêmes. L?échec de la Ligue arabe à résoudre les conflits entre ses Etats membres et la mise en veilleuse du projet de création d?une Cour de justice et d?un Conseil de sécurité et de paix arabes sont symptomatiques des limites de cette organisation. Les pays opposés à la mise en ?uvre de ces deux structures estiment que rien ne les justifie, feignant d?ignorer la réalité. Or rien de durable ne peut être édifié sans l?extinction des foyers de tension. Limitée au rôle restreint d?intermédiaire en raison d?un vide juridique, la ligue s?est révélée incapable depuis sa création en 1945 de faire éviter la guerre civile au Yémen, la guerre entre l?Irak et le Koweït, l?intervention syrienne au Liban, le bref conflit armé entre l?Algérie et le Maroc, ou de trouver une solution au conflit toujours en cours entre ce dernier et le Sahara-Occidental, cela pour ne citer que les conflits armés les plus connus. La Ligue arabe s?est également avérée incapable de résoudre les conflits frontaliers, nés du tracé datant du début des années 1920. Les nouvelles frontières, établies sous mandats britannique et français, ont souvent séparé des mêmes peuples. Même si elles sont globalement acceptées, il n?en demeure pas moins que ces barrières géographiques ont été au c?ur de nombreux conflits. Souvent en raison des richesses des territoires disputés. En dépit du fait que la page de la guerre du Golfe, déclenchée par l?annexion du Koweït par l?Irak, paraît tournée, la question du Sahara-Occidental continue à être un sérieux obstacle à l?unification du monde arabe. La ligue arabe s?est également montrée incapable de résoudre les conflits frontaliers : le Qatar et le Bahreïn ont préféré soumettre le conflit qui les oppose au sujet des îles Hawar au jugement de Cour de justice internationale (CJI), et ce, après l?échec de la médiation saoudienne. Les coups de gueule et les sautes d?humeur sont également sources de tensions entre les chefs d?Etat arabes, qui n?hésitent pas à s?accuser mutuellement de « traîtrise » et de « coup de poignard dans le dos ». Le président mauritanien Mouaouiya Ould Taya accuse effectivement le régime libyen et celui du Burkina Faso d?être derrière les trois coups d?Etat avortés dont il a été victime ces deux dernières années. Le président Mouammar Khadafi a démenti ces informations, tout en demandant à l?Union africaine d?enquêter sur cette question. Le président libyen est accusé d?une tentative d?assassinat contre le prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdel Aziz. Niant toute médiation « concluante », un porte-parole officiel saoudien a déclaré, vendredi, que son pays s?en remettra à la justice. Suspendus depuis décembre 2004, les relations envenimées entre les deux Etats risquent de créer un climat néfaste lors sommet de la Ligue arabe prévu les 22 et 23 du mois en cours à Alger.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Hamiche Amar
Source : www.elwatan.com