Alger - Revue de Presse

Conflits



Longtemps éludé, le débat sur les réformes économiques devrait être sérieusement relancé à la veille de la rentrée sociale. Les luttes politiques, qui ont marqué la dernière élection présidentielle, ont mis au second plan des questions vitales comme celles de la restructuration ou de l?emploi. La négociation que mène le gouvernement et la centrale syndicale sur la permanisation des contractuels de la Fonction publique constitue un prélude aux conflits qui pourraient voir le jour dans le monde du travail. Cette question rappelle l?accord d?ajustement structurel passé avec le FMI et dont les effets devraient se faire ressentir sur la politique que devra suivre le gouvernement pour préserver les grands équilibres macroéconomiques. Le choix, s?il est fait, de permaniser plus de 300 000 contractuels pourrait constituer une entorse aux engagements du gouvern ment de ne plus faire jouer à l?Etat le rôle de gros employeur, mais celui de régulateur. D?un autre côté, l?embellie financière actuelle est un atout dans la manche de l?UGTA qui, en l?absence d?un pacte économique et social, peut aisément négocier son soutien au gouvernement en exigeant plus. Le secteur économique n?est pas en reste dans cette remontée à la surface de la donne sociale. La grève générale et la marche sur Alger annoncées par les travailleurs de l?agroalimentaire viennent rappeler amèrement les retards pris dans l?application des réformes. Si certains secteurs de l?économie retrouvent leur dynamisme, surtout lorsqu?ils ont choisi le partenariat, d?autres, en revanche, risquent leur survie avec au bout du compte de sérieuses menaces sur l?emploi. Le retard pris dans la mise en place d?une stratégie de restructuration risque de coûter très cher. La sous-estimation de l?activité de mise à niveau, aussi bien dans le secteur public que privé, le manque d?agressivité dans la recherche du partenariat pour attirer les capitaux, la technologie et le management moderne ont caractérisé la conduite des affaires économiques ces dernières années. Or, avec l?ouverture, la prochaine adhésion à l?OMC et le début d?application de l?accord d?association, la facture pourrait être lourde à payer. Et les conflits, durs à gérer.
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