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CONFERENCE Siwa, si lointaine et si proche



I nvitée d'honneur de la 13e édition du Festival du film amazigh, la délégation égyptienne a été l'hôte de l'espace Plasti du quotidien Algérie News. Le passage à Alger des représentants des Amazighs de l'Oasis de Siwa était une sorte de réplique à l'évènement culturel qui se déroulait dans la wilaya de Tizi-Ouzou.
Manière aussi d'encourager le festival et de faire connaître la région de Siwa et ses habitants. Parmi les membres du groupe, le journaliste et producteur Hassen Daoud, coréalisateur avec Aymen El Djazaoui (également présent) d'un documentaire sur Les Amazighs d'Egypte. Cheikh Omar, le président de la délégation, a lui aussi participé à cette rencontre-débat. En plus du film de Hassen Daoud, ont été projetés trois courts métrages d'une durée de cinq minutes chacun. Tous racontent cette histoire merveilleuse de Siwa que le public algérien est invité à découvrir. Après la projection de son documentaire, Hassen Daoud fait remarquer que cette visite en Algérie est une première, le film ayant été déjà vu au Festival d'Agadir notamment. La version en tsiwit (le langage siwi, un dérivé du tamazight) est, elle, récente, Les Amazighs d'Egypte ayant fait l'objet d'une version initiale en langue arabe pour Al Jazeera Documentary. Et d'ajouter : «J'ai seize documentaires à mon actif, dont celui-ci qui évoque les origines de Siwa, ses us et coutumes, son histoire, son patrimoine... Siwa a été le passage de nombreuses civilisations, elle est l'une des plus belles oasis du monde. Je voulais donc la mieux faire connaître, en Afrique du Nord en particulier où son histoire et sa culture méritent plus d'attention.» Il est vrai que les trois courts métrages ( L'habitat siwi, El Biret Siwa, l'homme, la terre et l'histoire) et le film de Hassen Daoud ont révélé un petit coin de paradis au milieu du désert, certes, mais aussi et surtout un lieu chargé d'histoire et tellement proche de nous par sa culture, sa langue, ses rites et ses traditions, ses fêtes religieuses et ses réjouissances, ses cérémonies de mariage, etc. Pour Cheikh Omar, l'un des chefs des onze tribus de Siwa, «toute la région s'exprime en tamazight, les 30 000 habitants que compte l'oasis parlent tsiwit». Selon lui, «Siwa a très longtemps vécu isolée du reste du monde.De ce fait, elle a toujours été gouvernée par un pouvoir local, c'est-à-dire des autochtones. Al'origine, ce sont des tribus chaouies qui s'y étaient implantées et l'endroit ne connaissait que quelques bédouins qui y vivaient. Les Amazighs ont par la suite fortifié le site». Dans un contexte plus contemporain, che kh Omar rappelle que, «après la Révolution de 1952, Siwa a eu droit à quelques infrastructures, au transport par route. Elle a ensuite été délaissée sous Sadate et complètement marginalisée sous l'ère Moubarak. Aujourd'hui, l'oasis vit les mêmes problèmes qu'ailleurs en Egypte». A propos du riche patrimoine de la région, les membres de la délégation égyptienne déplorent les constructions nouvelles qui ont contribué à défigurer le site. Sans compter, bien sûr, l'usure du temps et certaines catastrophes naturelles (dont les inondations de 1980). Pourtant, assurent-ils, «il y a une salutaire prise de conscience depuis l'année 2000 pour un retour à Siwa l'ancienne ». C'est ainsi que des efforts ont été fournis pour la sauvegarde de ce patrimoine historique et culturel. Dans le cadre de cette entreprise de restauration, «des villages ont été notamment réhabilités selon les normes du tourisme écologique ». Un grand intérêt est également accordé à des recherches sur la langue, le tsiwit faisant lui aussi partie des spécificités de la région. Fête-t-on Yennayer à Siwa ' «Nous avons une sorte de Yennayer, mais c'est un Aïd que nous célébrons en octobre», répond cheikh Omar. Considérée comme la plus belles oasis d'Egypte et l'une des plus grandes, Siwa est située à 560 km du Caire, à 300 km des côtes méditerranéennes de Marsa Matrouh et à 70 km de la frontière libyenne. Nichée dans une dépression au milieu du désert, elle s'abreuve de nappes souterraines et dispose de plusieurs lacs salés, de sources d'eau chaude et froide. Siwa a été déclarée zone protégée pour la diversité de sa faune et de sa flore. On y a recensé 300 000 palmiers, 70 000 oliviers et 300 sources d'eau douce. L'oasis est accessible seulement par route, depuis Le Caire, ou alors depuis la cité balnéaire méditerranéenne Marsa Matrhoum (une route ouverte en 1980, l'année de l'arrivée de l'électricité à Siwa). Mais visiter la plus belle et la plus secrète des oasis d'Egypte mérite le déplacement. On pourra alors découvrir la forteresse de Shali (au cœur de l'oasis), la palmeraie, la montagne des morts (où certaines tombes creusées datent de milliers d'années), la forteresse d'Aghurmi (à son sommet se trouve le temple de l'oracle d'Amon), l'ancien village d'Aghurmi, les bains de Cléopâtre... Depuis la chute de Moubarak, Siwa est en train de s'ouvrir au monde.
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