
La décision du gouvernement de supprimer l'article 87 bis du code du travail fait encore parler d'elle. Entre antagonistes et protagonistes, le débat ne fait que commencer. Hier encore, une conférence-débat s'est tenue au siège de l'Union générale des commerçants et artisans algériens, à Alger, pour discuter de la question avant la prochaine tripartite.Intervenant lors de cette rencontre, l'économiste Mohamed Hamidouche, a indiqué que le taux d'inflation annuel en Algérie qui oscille entre 3 et 4% risque d'augmenter dans les années à venir suite à la décision d'abrogation de l'article 87 bis. Selon lui, il est important d'évaluer les retombées financières de cette suppression sur le budget avant de décider de la nouvelle définition du SNMG. Le conférencier a rappelé que "les contraintes économiques des années 1990 ont poussé les autorités à définir le salaire minimum garanti à l'époque", tout en précisant que "la situation du pays en 2014 suppose des changements du cadre législatif lié au travail".Pour Mohamed Hamidouche, la suppression de la loi ne signifie pas, de facto, une augmentation des salaires.Bien au contraire. "Il ne faut pas être naïf dans la lecture de la décision du gouvernement. C'est vrai que le pouvoir algérien est dans l'optique de calmer le front social, mais il n'envisage pas d'augmentation des salaires du moment qu'il est en position de force", a encore souligné M. Hamidouche. Il a précisé que "le seul cas de figure où le gouvernement serait à même de lâcher du lest c'est lorsqu'il sentira un vent de révolte comme cela a été le cas lors des événements du Printemps arabe". Selon ce spécialiste, cette décision du gouvernement risque d'avoir des retombées sur l'économie au cas où la Banque centrale ne mettrait pas en place une politique financière.De son côté, le président de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), Habib Yousfi, a indiqué que "l'article 87 bis de la loi 90-11 relative aux relations de travail stipule que le salaire minimum national garanti (SMNG) doit comprendre le salaire de base, les primes et les indemnités, quelle que soit leur nature, à l'exception des indemnités versées pour payer les dépenses assumées par le travailleur". L'abrogation de l'article, longtemps réclamée par les syndicats, a été introduite dans le projet de loi de finances pour 2015, adopté en Conseil des ministres. Pour M. Yousfi, il est inévitable d'augmenter les salaires en insistant sur la nécessité d'augmenter la production.Pour sa part, Mohamed Haddouche, académicien et député représentant de la communauté algérienne à l'étranger, a estimé que "si l'on augmente les salaires sans augmenter la production et la productivité, on s'orientera vers l'inflation". Pour l'application de la loi qui modifie l'article 87 bis, il faut attendre la finalisation des décrets et de circulaires interministérielles entre les ministères des Finances et du Travail.D. S.NomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Liberté
Source : www.liberte-algerie.com