
La 17e conférence des pays du mouvement des Non-alignés s'est tenue dans une conjoncture régionale et internationale pleine d'évènements qui secouent la stabilité de plusieurs pays notamment africains.La rencontre d'Alger a, en effet, été l'une des plus importantes depuis la naissance du MNA, à travers laquelle des questions primordiales liées notamment à la sécurité et au développement ont été débattues en réunions entre cadres supérieurs des pays membres et la réunion des ministres des Affaires étrangères de 60 pays. Il s'agit, également, de la tenue de deux rencontres informelles entre pays voisins de la Libye afin de débattre la situation sécuritaire qui se dégrade davantage dans ce pays le mettant en péril et menaçant toute une région. Plusieurs visions ont été partagées lors de cette 17e conférence conclue par un document final approuvé par les pays participants tout en mettant l'accent sur la nécessité d'approches communes au profit des intérêts communs. Intervenant à la fin des travaux, le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra a affirmé que l'élan de cette rencontre «sera une source d'inspiration et de motivation» pour les Etats du MNA et «cimentera la cohésion et resserrera la coordination» sur les questions de paix, de sécurité et de développement. Il explique que la réunion a permis une mise en perspective globale des intérêts communs, incluant la revitalisation, la démarche commune et le caractère novateur des positions. «Les initiatives faites par les Non-alignés ont vocation à structurer la coopération au sein du Mouvement et à conforter le rôle et le poids de ce dernier dans les relations internationales», a déclaré M. Lamamra en mettant en exergue l'engagement du Mouvement pour la concrétisation de l'objectif de la démocratisation des relations internationales par la réhabilitation des prérogatives de l'Assemblée générale et un «rééquilibrage» du Conseil de sécurité ainsi qu'une «refonte» des institutions économiques et financières internationales. Le chef de la diplomatie algérienne a, également, indiqué que la réunion d'Alger a mis en lumière le lien «intrinsèque» entre la paix, la sécurité internationale et le développement. Il explique encore qu'au plan sécuritaire, la conférence d'Alger a montré l'importance d'une coopération internationale et régionale accrue pour soutenir les stratégies de lutte contre le terrorisme et le crime organisé mises en place par les Etats et les organisations régionales concernées. «Les défis centraux et les enjeux cruciaux que le Mouvement doit affronter dans l'avenir sont «nombreux et diversifiés et constituent des repères qui exigent de notre Mouvement un surcroît de coordination», a-t-il souligné. Pour ce qui est du développement, le ministre a affirmé que la réunion, du comité conjoint PNA/G77 (première du genre) à Alger «confortera» la volonté de conjuguer les efforts des deux groupes d'appartenance pour être à la hauteur de leurs responsabilités.«C'est là sans doute le message fort qui se dégage de cette rencontre ministérielle. Nous sommes convaincus que l'esprit d'Alger forgé lors de la Conférence saura insuffler à notre Mouvement l'élan nécessaire pour aller de l'avant», a soutenu le chef de la diplomatie algérienne appelant les membres du Mouvement à «porter haut le message du non-alignement qui projette un avenir qualitativement meilleur pour toute l'Humanité». La lutte antiterroriste, une priorité Bien que la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays du MNA se soit penchée sur plus d'une question d'actualité, la lutte antiterroriste a, faut-il le noter, pris la part du lion. Outre les discussions officielles sur le sujet, les réunions informelles sur la Libye, les participants ont multiplié leurs interventions mettant l'accent sur la gravité de ce phénomène transnational et la nécessité de trouver des solutions adéquates pour le combattre efficacement et aller jusqu'à son éradication. La question du terrorisme qui était déjà prévue dans le programme de la réunion d'Alger, est devenue encore plus persistante avec des évènements qui ont coïncidé avec son déroulement, à savoir, les violences en Libye et la démission de son ministre de la Défense, les violences permanentes au Nigéria perpétrés par le groupe Boko Haram et aussi l'attentat terroriste qui a ciblé le domicile du ministre de l'Intérieur tunisien faisant quatre morts parmi les éléments de la police. Devant ces situations de crise sécuritaire, les participants à la réunion du MNA ont émis des déclarations diverses mais se sont mis d'accord sur la nécessité d'une approche commune. Une approche à laquelle a appelé le Premier ministre Abdelmalek Sellal à l'ouverture officielle des travaux, puis réitérée par l'ensemble des chefs de délégations présentes dont celles syrienne, iranienne, jordanienne et de l'Union africaine. A noter dans ce sillage que la présidente de la Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, a plaidé pour «plus d'unité et de solidarité» au sein du Mouvement des Non-alignés (MNA) afin de pouvoir bien faire face aux nouveaux défis. «Aujourd'hui, nous avons de nouveaux problèmes, comme ceux de la pauvreté, et du terrorisme et pour lutter contre ces fléaux, nous avons besoin de plus de solidarité et d'unité au sein du Mouvement», a-t-elle déclaré à la presse en marge de la réunion. La présidente de la commission de l'UA a, par ailleurs, réaffirmé l'engagement de l'UA dans la résolution des conflits sur le continent, soulignant que l'organisation panafricaine est la plus proche des réalités de l'Afrique. «Notre sécurité globale est de la responsabilité du Conseil de sécurité des Nations unies, mais nous, Africains, avons réalisé que l'ONU nous ramène parfois des solutions qui ne sont pas réalistes pour l'Afrique», a-t-elle affirmé. Et d'expliquer : «C'est pourquoi, l'UA a décidé d'avoir son propre Conseil de sécurité, et son architecture de paix et de sécurité, afin de faire face aux conflits qui fragilisent l'Afrique», citant le cas de la République centrafricaine (RCA) et de la Somalie. Concernant la Libyue, Mme Zuma a indiqué que des discussions ont eu lieu tard mercredi, à l'initiative de l'Algérie, en présence de l'UA, de la Ligue arabe et les chefs de la diplomatie des pays voisins de la Libye pour l'aider à dépasser la crise. «Ces discussions ont été également une occasion pour voir comment unir nos forces en tant qu'Arabes et Africains pour aider la Libye et son peuple à parvenir à la stabilité», a-t-elle ajouté.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Radia Zerrouki
Source : www.lnr-dz.com