Le président tunisien, Mohamed Moncef Marzouki, a tenu à recadrer son discours, histoire de lever les équivoques et répondre à la gêne exprimée par Alger.
Dans une conférence de presse, qui a été déprogrammée à la dernière minute, l'hôte de l'Algérie est revenu sur les sujets qui ont créé la controverse.
Il est vrai que le président tunisien repart avec le sentiment d'avoir arraché aux dirigeants maghrébins l'accord de principe de tenir un sommet maghrébin au courant de l'année, probablement en Tunisie, mais pour les dossiers qui fâchent, il reste beaucoup de chemin à parcourir.
La question que le chef de l'Etat tunisien voulait mettre 'entre parenthèses', a été longuement évoquée lors de cette conférence de presse. Pour le président tunisien, le problème du Sahara occidental est une question 'qui existe et qu'on ne peut ignorer', la qualifiant de 'douloureuse sur le plan humain'.
M. Marzouki a rappelé, dans ce contexte, que cette question est posée actuellement au niveau de l'Organisation des Nations unies, soulignant dans le même sillage que les pays du Maghreb arabe sont appelés à ''uvrer graduellement pour jeter de nouveaux jalons sur la voie de la construction maghrébine'.
'Une fois les relations améliorées et les frontières ouvertes, on procèdera alors au lancement de projets communs, un impératif pour l'instauration d'un climat psychologique susceptible d'ouvrir les canaux de communication et de connaissance à même de créer des conditions politiques et psychologiques nouvelles favorisant la résolution de ce conflit (Sahara occidental) de manière à préserver l'honneur ainsi que les intérêts communs de tous', a-t-il dit, notamment.
Concernant l'accord arraché pour la tenue d'un sommet de l'UMA, Marzouki dira que ce sommet sera 'sérieux' et ses résultats 'palpables' pour les peuples de la région.
Le président tunisien est revenu sur la coopération bilatérale, regrettant le fait que beaucoup d'accords soient signés entre l'Algérie et la Tunisie, sans qu'ils soient concrétisés. 'Il y avait une ribambelle d'accords' sans concrétisation, imputant cette situation à l'absence de volonté politique 'notamment de la partie tunisienne' du temps du président déchu Benali, a-t-il tenu à préciser. La situation en Syrie a été évoquée avec son homologue algérien. Selon le président El-Marzouki, le président Bouteflika est très peiné par ce qu'endure le peuple syrien.
La Tunisie a décidé le renvoi de l'ambassadeur du régime syrien qui a 'perdu toute légitimité après avoir usé de la violence contre son peuple', a estimé le président tunisien. Pour ce qui est de l'extradition du président déchu Zine El-Abidine
Ben Ali en exil à Riyadh, le président Marzouki a déclaré : 'Nous sollicitons nos frères en Arabie Saoudite pour nous remettre ce criminel. Toutefois, nous ne ferons pas de cette demande une condition pour la continuité des relations entre nos deux pays'. Il a, dans ce sens, promis un 'procès équitable' à l'ex-président tunisien, tout en insistant sur 'la revendication légitime de la Tunisie à récupérer l'argent et les biens détournés par Ben Ali'.
A B
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Azzeddine Bensouiah
Source : www.liberte-algerie.com