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Conférence de Jean-Pierre ElKabbach à Alger



Le journaliste et auteur Jean-Pierre Elkabbach, qui séjourne en Algérie pour des conférences, a estimé, hier à Alger, que la repentance qu'exigent Alger de Paris, depuis quelques années, 'est une affaire interne'. 'L'exigence de repentance est un problème de politique intérieure', a-t-il dit lors d'une conférence animée à l'Institut français d'Algérie. Ce natif d'Oran où il a fait ses premières armes de journalisme comme il se plaît à le rappeler, 'beaucoup ressassent le passé parce que ça les fait vivre'. 'La vérité appartient aux historiens. Il n'y a pas de vérité politique. Il faut donner les moyens aux historiens des deux pays pour travailler ensemble', a-t-il affirmé, non sans faire le parallèle avec le travail effectué par les historiens allemands et français. Dans ce cadre, il a estimé que l'Etat est appelé à 'ouvrir les archives'. 'Chacun doit balayer devant chez lui (').'
Tout en rappelant que la France 'a pris ses distances avec les exactions commises par le colonialisme', pour lequel il considère 'qu'il y a des raisons historiques, mais pas de circonstances atténuantes', Jean-Pierre Elkabbach a appelé 'à regarder plutôt vers l'avenir'. 'Qu'on n'oublie pas, qu'on assume, mais qu'on passe à la grandeur qui sied aux deux pays.' 'Jusqu'à quand allons-nous traîner la guerre des mémoires '' s'est-il interrogé. À une question sur les relations prétendument privilégiées qu'entretient la France avec le Maroc en raison de la question sahraouie, l'ancien président de France Télévisions a estimé 'qu'il est dans l'intérêt de la France d'avoir une politique équilibrée entre le Maroc et l'Algérie'.
Il a, par ailleurs, souhaité que 'l'Algérie s'ouvre un peu plus vers les autres'. 'Il appartient à l'Algérie de s'ouvrir, de n'avoir pas de suspicions sur les autres. Elle vit trop repliée sur elle-même', a-t-il dit, lui qui rappelle que 'l'Algérie est profondément ancrée en lui'. Et le Printemps arabe ' 'C'est un mouvement historique, on peut dire qu'il a commencé en Algérie. L'essentiel est que les peuples se soient mis en mouvement. Pour le court terme, il y a des nuages, mais à terme, on peut être optimiste car il y a une résistance de la société civile et des femmes'. 'Mais, il faut de la vigilance et la mobilisation des peuples pour qu'ils ne soient pas floués', a-t-il mis en garde. Celui qui qualifie la presse algérienne 'd'excellente' a longuement disserté sur le journalisme qu'il a commencé à exercer au début des années 60. Son créneau : respecter le public. 'L'honnêteté et la vérification de l'information, c'est ce qui compte dans le métier pour se distinguer', a conclu celui qui a eu le privilège d'interviewer des hommes illustres comme Bill Clinton, Nelson Mandela ou encore Shimon Perès.
Mais il s'est défendu d'être au service de quelque pouvoir en France. 'J'ai défendu des causes ('), mais j'ai traversé toutes les périodes par le travail.'
K K.


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