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Conférence



Conférence
L'évènement a eu pour théâtre le café littéraire de la bibliothèque de wilaya de Chlef en présence du directeur de la culture, M. Amaro Benrebiha, du directeur de la bibliothèque et du directeur de la maison de la culture. L'invitation émane de M. Boudia, Djamel Magharia, et Boutbissi du groupe Tareb chaâbi.Le conférencier, musicologue émérite, passionné, est né à Mostaganem. Son violon d'Ingres est la recherche sur la musique algérienne et en particulier le chaâbi malgré le manque de documentation (la transmission orale est passée par là ) et de témoignages. Tout ce qu'il entreprend, il en fait l'écho dans la presse, la radio, la TV. Cadre supérieur au niveau du ministère de la Culture, il a été en outre membre fondateur du Cnes et il occupe depuis 2012 le poste de président des arts et des lettres et il est président du festival melhoun dédié à Sidi Lakhdar Benkhlouf. La conférence qu'il a présentée a concerné le parcours artistique du chanteur Hsissen. Il va commencer par l'origine du mot «chaâbi» et de nous révéler l'auteur de la dénomination en la personne de Safir Boudali qui a été à l'origine instituteur à Mascara puis journaliste à L'Echo d'Oran. il s'intéresse ensuite à la musique et est chargé par l'ORTF de fonder 35 groupes de musique algérienne.Il en fait la classification en 5 genres : moderne, kabyle, oriental, bedoui et populaire, qui ne va donner le mot chaâbi qu'à partir de 1971. Abdelkader Bendamèche soutient que l'écriture laisse des traces aux générations futures, contrairement aux SMS et émissions TV. il nous confiera par ailleurs qu'il a commencé l'écriture comme correspondant du journal El Djamhouria.il a aussi animé une émission à la radio chaîne III «Maya we hsin» pendant 20 ans jusqu'en 2009 et ses premiers écrits sont d'ordre culturel comme Diwane chiir el chaabi et Les figures du chaâbi sur 5 tomes ainsi que Diwane chiir malhoun où une grande place est réservée à Sidi Lakhdar Benkhlouf, véritable colonne vertébrale de ce genre avec 170 qacidate. Avec le ministère de la Culture, il a confectionné 35 coffrets et 35 livres d'anthologie de la musique algérienne. il travaille actuellement sur la loi de l'artiste (qui comprend retraite et sécurité sociale). Le conférencier a choisi de parler de cheikh H'ssissen car c'est un jeune militant du FLN qui en 10 ans de carrière chaâbi a réalisé des chansons d'un très bon niveau artistique et laissé son empreinte dans le patrimoine musical. Certes, il n'est pas connu mais ses chansons sont célèbres. Son excellent parcours est lié au dynamisme d'un musicien qui avait un orchestre à La Casbah et à Paris. Il s'agit de Amraoui Missoum qui enregistre chez le fameux Pathé Marconi avec Akli Yahiatene et Abderamane Aziz, par exemple. Cheikh H'ssissen (à ne pas confondre avec Hsissen Saadi) est né en 1929 à La Casbah. Très jeune, la passion de la musique s'empare de lui. Avec un groupe de jeunes, il se fera remarquer par la qualité de ses chansons lors des fêtes religieuses. Sa prodigieuse mémoire facilite son travail. En entrant dans le mouvement national, ses galas lui serviront à diffuser des messages politiques et des informations destinés aux militants de la cause nationale. Au niveau de la Radio d'Alger, il rencontre Hadj El Anka lors d'un concours. Mais par jalousie le cheikh du chaâbi lui prédit : «Tu ne réussiras pas.» Cette remarque ne découragera pas H'ssissen qui continue sa progression en même temps que son militantisme. Se sentant menacé par les services secrets, il s'exile en France où il fait la rencontre déterminante avec Missoum Amraoui.Ce dernier va propulser H'ssissen au-devant de la scène. Pour survivre à paris, il va travailler dans une teinturerie, ce qui lui vaut une affection pulmonaire. Il intègre l'Union des étudiants maghrébins chapeautée par la Fédération de France. lors du rapt de Ben Bella, il sort des chansons révolutionnaires comme El Kafs et Djeich El Djazaïr. il se produit au niveau d'un cercle culturel du boulevard Saint-Michel fréquenté par des étudiants maghrébins. Il est à nouveau recherché. Son mal s'aggrave. il part sur Tunis avec la troupe artistique de Mustapha Kateb où il est pris en charge par le chirurgien Tedjini Hadam. Il meurt suite à une complication rénale, en 1959, à l'âge de 30 ans. Bendamèche nous a gratifiés d'une passionnante conférence, grâce à sa facilité de communication et une grande modestie. Il a apporté une lumière crue sur un artiste méconnu. sans flagornerie, nous pouvons dire que Bendamèche est un chercheur acharné et passionné, qui représente un écrin de la musique chaâbi et la clé de voûte du patrimoine musical algérien.


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