Alger - A la une

Conditions de vie difficiles, "hogra" et corruption à la base de vie de Hassi-Messaoud



Conditions de vie difficiles,
La situation des travailleurs de l'Entreprise nationale des travaux aux puits (ENTP) de Hassi-Messaoud est inquiétante.La sonnette d'alarme a été tirée par des syndicalistes, rencontrés à Alger, lors de la conférence-débat du Comité de réappropriation et de sauvegarde de l'UGTA (CNRS). Hier, ces frondeurs de l'UGTA ont révélé, à Liberté, que dans la base de vie de l'ENTP, située à Hassi-Messaoud, cohabitent "des travailleurs, des malades mentaux, des handicapés et des repris de justice, recrutés en 2013 et 2014 dans le cadre de l'insertion sociale". En dénonçant les "abus" du syndicat d'entreprise, dont les membres n'ont pas renouvelé leur mandat. De l'avis d'O. C., les employés malades sont tolérés à la base de vie, car "certains ont fait l'objet d'un accident de travail et n'ont même pas été déclarés à la Sécurité sociale". Pour notre interlocuteur, les salariés de cette filiale de Sonatrach, particulièrement les travailleurs contractuels, vivent "sous la pression" et ne peuvent pas compter sur un syndicat "illégal", pour améliorer leurs conditions de vie et de travail. À ce propos, il dévoilera qu'une partie des travailleurs de la base de vie ont souffert de la diarrhée, il y a quelques semaines, du 1er au15 septembre dernier. Et, en guise de "preuves", il précisera que 11 d'entre eux ont été hospitalisés. "Nous n'avons pas de médecin de nuit, à la base, ni de médicaments", a poursuivi le syndicaliste du CNRS. Au chapitre des autres dépassements et de l'insécurité, ce dernier a aussi rappelé que des vols et des agressions à l'arme blanche ont eu lieu à la base de vie de Hassi-Messaoud. Un autre membre du CNRS, M. A., représentant cette région du Sud, a alerté, de son côté, sur la "hogra" (injustice) sévissant à l'ENTP et sur "la généralisation de la corruption", citant notamment les recrutements reposant sur la "rachwa" (pot-de-vin).Il a aussi évoqué une "complicité généralisée", accusant la direction de l'entreprise d'être complaisante envers les membres du syndicat d'entreprise."Nous voulons que justice soit faite"L'ENTP, spécialisée dans les forages de puits pétroliers, a été créée au début des années 1980 et emploie quelque 7 000 travailleurs.Ces dernières années, l'entreprise n'a pas été épargnée par certains scandales. En 2010, des journaux nationaux avaient révélé une affaire d'achat de "matériels défectueux", livrés par une société US et ayant coûté près de 150 millions de dollars.Il s'agissait de stations de forage présentant des "anomalies jugées graves", à l'origine du gel des opérations de forage. L'ENTP a également eu à faire face à la grogne des travailleurs. Rappelons, à ce titre, l'action menée en 2011 par le collectif des travailleurs, qui avait dénoncé la "mauvaise gestion des ressources humaines". Dans un communiqué rendu public, les travailleurs craignaient "la dilapidation" des biens et sollicitaient l'intervention de l'Etat pour un "contrôle rigoureux de ces sociétés stratégiques". Par ailleurs, l'ENTP a enregistré des affaires en justice, dont celle impliquant des membres du syndicat d'entreprise et du comité de participation, tous adhérents à l'UGTA, à l'origine de la constitutiond'Alpese, une société-écran créée avec l'argent des ?uvres sociales.D'autres affaires auraient même compromis des personnes étrangères à l'entreprise, ayant bénéficié de "largesses" du partenaire social (omra, centres de vacances, hammam...). Aujourd'hui, les travailleurs de l'ENTP, dont les membres du CNRS de Hassi-Messaoud, réclament les résultats de l'enquête de la brigade économique de la Gendarmerie nationale sur les "détournements" de l'argent des ?uvres sociales et de la coopérative de consommation.Ils se demandent surtout "qui est derrière cette situation préjudiciable" et "pourquoi le partenaire social est soutenu de la sorte", alors qu'il agit en véritable "empire" et cumule plusieurs "infractions" à la loi et même aux statuts de l'UGTA.Plus récemment, soit en juillet dernier, l'ENTP a encore fait parler d'elle : un de ses employés, âgé d'à peine 28 ans, a mis fin à ses jours, en se jetant d'un château d'eau de la base de vie de Hassi-Messaoud. "Nous ne voulons pas faire la grève ni participer à la casse de l'entreprise. Nous voulons seulement que justice soit faite", a soutenu O. C., résumant ainsi la philosophie des partisans de la sauvegarde de l'UGTA et de leurs sympathisants.H. A.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)