Réuni hier sous la
présidence du président de la République, le Conseil des ministres a examiné et
approuvé un projet de loi fixant les conditions et modalités d'exploitation des
terres agricoles du domaine privé de l'Etat.
C e texte a pour
objet de compléter la loi d'orientation agricole promulguée en 2008 et de
remplacer la législation datant de 1987 qui régit les terres agricoles
publiques regroupées en exploitations individuelles (EAI) ou collectives (EAC).
Concession des
terres agricoles
La principale disposition
de ce projet de loi, d'ailleurs décrié par l'Union nationale des paysans
algériens, porte «la préservation des terres agricoles concernées en tant que
propriété pérenne de l'Etat, leur exploitation devant se faire sous le régime
exclusif de la concession d'une durée de 40 ans renouvelable, moyennant
redevance versée au Trésor public». Une autre disposition de cette loi donne la
possibilité pour les bénéficiaires de la concession de travailler la terre à
titre individuel ou collectif, avec obligation d'exploiter effectivement
celle-ci sous peine de perdre le titre de concession. Cette loi prévoit que le
titre de concession ouvre droit à la constitution d'hypothèque valable auprès
des banques pour lever des crédits, tout comme les exploitants peuvent s'associer
exclusivement avec des partenaires de nationalité algérienne, qui participeront
au financement de l'exploitation.
Des procédures
plus souples concernant la saisie de navires
Le Conseil des
ministres a ensuite examiné et approuvé un projet de loi modifiant et
complétant l'ordonnance du 23 octobre 1976 portant code maritime. Cette
révision partielle introduit des procédures plus souples, pour le traitement
des saisies conservatoires des navires survenant dans le cadre du commerce
extérieur, y compris par le fait d'opérateurs établis à l'étranger, en ayant à
l'esprit que le traitement de ces dossiers au niveau des juridictions est
actuellement complexe, avec comme conséquence une longue immobilisation des
quais et parfois un danger pour leur environnement du fait de la nature des
cargaisons des navires en saisie conservatoire. A ce titre, le projet de loi
prévoit notamment une plus grande implication de l'autorité portuaire dans la
procédure de saisie conservatoire de navires, pour préserver l'intérêt public,
y compris en demandant au juge la levée de cette mesure, l'obligation pour le
saisissant de constituer une caution équivalent à 10% au moins de la valeur de
la créance à recouvrer, et ce dans le but de limiter les abus dans les demandes
de saisie et de permettre au juge, le cas échéant, d'ordonner la mainlevée
lorsque la caution offre une garantie suffisante pour le traitement du
contentieux de créances, l'obligation pour le demandeur de la saisie-arrêt,
s'il réside à l'étranger, de se domicilier auprès d'un consignataire local qui
répondra en son nom, de sorte à permettre à la justice et aux autorités
maritimes d'avoir un interlocuteur et enfin la désignation, par la justice,
d'un gardien pour le navire saisi, aux frais de la partie contre laquelle la
saisie a été demandée, de sorte à assurer la protection du navire et de sa
cargaison.
La baisse des
coûts de production ou d'importation répercutée sur les prix
Le Conseil des
ministres a examiné et approuvé par ailleurs deux projets de loi portant
respectivement révision de l'ordonnance relative à la concurrence et de la loi
fixant les règles applicables aux pratiques commerciales. S'agissant du projet
de révision de l'ordonnance relative à la concurrence, celui-ci étend son champ
d'application aux agents économiques intervenant dans le domaine de
l'agriculture, de la pêche et de l'importation de biens pour la revente en
l'état, élargit la mission publique de régulation du marché aux marges des prix
des biens et services, sur la base des principes universels d'équité et de
transparence et définit le mode opératoire d'intervention de l'Etat pour fixer
les marges et les prix de produits stratégiques, en cas de hausse injustifiée,
de grave perturbation du marché, ou de calamité naturelle. La proposition de
révision de la loi sur les pratiques commerciales vise, quant à elle, à élargir
le contrôle public aux activités des agents économiques des secteurs de
l'agriculture, de la pêche et de l'importation de biens pour la revente en
l'état, instaurer l'obligation pour les producteurs et pour les importateurs de
biens et services destinés à la revente en l'état, de déclarer la composition
de leurs prix, en vue de permettre la vérification des prix et marges pratiqués
sur le marché, y compris au niveau des distributeurs et détaillants.
De par cette nouvelle loi, les agents
économiques agricoles, actuellement non tenus à la facturation, sont soumis à
l'obligation de délivrer un document indiquant le prix de cession des produits
vendus, de sorte à permettre le contrôle du respect des marges de distribution.
La loi élargit par ailleurs l'éventail des pratiques commerciales illicites, en
y incluant, la non-répercussion sur les prix de vente de la baisse des coûts de
production ou d'importation, l'absence de déclaration des structures des prix,
ainsi que la réalisation de transactions commerciales en dehors des circuits
légaux de distribution.
Contractualisation
des soins
Le Conseil des
ministres a en outre entendu et débattu une communication sur le dispositif de
contractualisation des soins dans les hôpitaux avec les mécanismes de sécurité
sociale.
Durant une première phase, ce dispositif sera
appliqué dans les hôpitaux, pour être ensuite graduellement étendu à tous les
établissements de santé publique. De même, la facturation des prestations
médicales aux caisses de sécurité sociale sera d'abord réalisée sur la base du
coût de la journée d'hospitalisation et aboutira ensuite au mode de calcul par
actes médicaux. Par ailleurs, ce nouveau système fonctionnera pendant une année
sans incidence financière réelle, de sorte à le mettre à l'épreuve, et à
accorder un délai aux travailleurs non déclarés aux caisses de sécurité sociale
pour se mettre à jour avec cette obligation légale.
Du nouveau pour le
micro-investissement
Le Conseil des
ministres a ensuite entendu une communication sur une amélioration des
dispositifs mis en place au profit des chômeurs candidats à la création d'un
micro-investissement. Dans ce cadre, un décret présidentiel adopté par le
Conseil des ministres élargit l'intervention de la Caisse nationale d'assurance
chômage pour la création ou l'extension d'activités, par les chômeurs
promoteurs, aux personnes âgées de 30, au lieu de 35 ans, à 50 ans, et relève
de 5 à 10 millions DA le seuil des investissements éligibles au soutien de
cette caisse sous la forme d'un prêt non rémunéré allant de 5% à 10% du montant
de l'investissement à réaliser.
Deux décrets exécutifs adoptés par le Conseil
des ministres viennent conforter ces nouvelles mesures en faveur de la lutte
contre le chômage régies par la Caisse nationale d'assurance chômage,
notamment, en réduisant de 6 mois à 1 mois la durée d'inscription auprès de
l'Agence nationale pour l'emploi exigible pour accéder à ce dispositif,
limitant à deux mois la durée de traitement des projets d'investissement par
les banques sollicitées pour l'octroi d'un crédit et en améliorant la
bonification publique sur la rémunération du crédit bancaire selon le secteur
qui est désormais portée à 80% (au lieu de 75% actuellement) pour les
investissements dans les activités agricoles, hydrauliques ainsi que dans les
activités de pêche et d'aquaculture. Cette bonification atteindra 95% lorsque
l'investissement est réalisé dans les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux, 60%
(au lieu de 50% actuellement) lorsque l'investissement est réalisé dans tout
autre secteur d'activité, étant entendu que cette même bonification atteindra
80% lorsque le projet est réalisé dans les wilayas du Sud et des
Hauts-Plateaux.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Synthèse R N
Source : www.lequotidien-oran.com