Le public de l'auditorium de la Radio d'Alger, jeudi soir, a battu la mesure, la chamade et le record d'audience. Et pour cause ! Son c'ur a battu pour Laura Jackson. Une chef d'orchestre américaine qui a mené à la «baguette» l'Orchestre symphonique national d'une soixantaine de musiciens, lors d'un concert d'excellente facture.
Ce soir, le chef d'orchestre, est une femme ! Car, malheureusement, les femmes chefs d'orchestre se comptent sur les doigts d'une main. Cela demeure un domaine monopolisé par un «machisme» ordinaire. Laura Jackson a montré et démontré, musicalement parlant, qu'elle a pris le pouvoir par le «bâton» (baguette), au grand bonheur d'un public averti, marqué par la présence d'Henry S. Ensher, ambassadeur des Etats-Unis. Un événement entrant dans le cadre du cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie, initié par la fine équipe de l'association PNB-Napeo Algérie (partenariat nord-africain pour les opportunités économiques) et l'ambassade des Etats-Unis à Alger, avec la collaboration de l'Orchestre symphonique national, du ministère de la Culture et d'Aspen Institute.
Laura Jackson, la quarantaine juvénile, est diaphane, légère, alerte, a dirigé à la baguette' magique, le massif et talentueux Orchestre symphonique national de Abdelkader Bouazza, avec cinq solistes. Quatre Américains, Christine Clemmons-McCune, soprano, Paul Adkins, ténor, John Cimino, baryton, Jon Klibonoff, pianiste et l'Algérien, Djamel Ghazi, flûtiste. L'orchestre a évolué avec une justesse de jeu, sans fausse note ou autre hiatus ! Ainsi, Laura Jackson, ayant des tics et tocs et autres emportements caractéristiques aux chefs d'orchestre, a assuré une direction orchestrale avec fluidité et surtout, avec délicatesse et grâce.
Très «laid back» (cool), elle conduit l'orchestre d'une manière chaleureuse, voire «tactile». Laura Jackson serre la main du soliste, Djamel Ghazi, salue la soprano, la baryton et le ténor, congratule tout l'ensemble symphonique ou encore applaudit la section percussions, et ce, avec une déférence très féminine.
Une américaine conduisant des airs kabyles
Aussi, l'auditoire se délectera avec du Gershwin (Girl Crazy, Porgy and Bess, Rhapsody in Blue), du Copland (Rodeo: Hoedown), du Monti (Csárdás), du Bernstein par une immersion dans Broadway, dans la fameuse comédie musicale West Side Story (immortalisée par le film éponyme de Robert Wise, en 1961, avec Nathalie Wood et George Chakiris!) Et puis, un morceau de bravoure ! Une nouvelle création de Sid-Ali Belli intitulée Airs de Kabylie. Une chef d'orchestre américaine dirigeant une partition de standards de musique kabyle, philharmoniquement !
Pour rappel, l'association PNB-Napeo, à travers le projet, l'US-Maghreb Arts, a pour but d'organiser des manifestations artistiques, notamment des festivals, foires, expositions et concerts dans le Maghreb et aux Etats-Unis, et ce, pour renforcer les liens culturels existants dans la région, échanger et combiner les ressources culturelles entre les partenaires culturels maghrébins et américains. Et donc, participer au développement des industries créatives au Maghreb et aux Etats-Unis grâce à des partenariats économiques qui pourraient découler de ces collaborations. Bravo, «conductor», Laura Jackson ! Elle devait se produire, hier, à 15h30, toujours avec l'Orchestre symphonique national, au théâtre régional Kateb Yacine, de Tizi Ouzou.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K Smail
Source : www.elwatan.com