
Le réalisme doit prévaloir et le dialogue s'établir entre le Qatar et ses voisins du Golfe : les intérêts des pays de la région ne peuvent qu'en bénéficier ainsi que tout le Monde arabe, c'est là, la position et le discours véhiculés par la diplomatie algérienne depuis le commencement de cette crise. Le déplacement en cours dans la région du ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel donnera peut-être une réponse dans les prochains jours. Il semble, en tout cas, que M. Messahel a fait savoir à ses homologues arabes la position de l'Algérie et ses intentions de contribuer à l'apaisement des tensions entre les différents belligérants de cette crise, à savoir : la nécessité d'une coordination pour élucider la situation dans la région et les principaux défis auxquels fait face le Monde arabe, ainsi que l'impératif de tout mettre en ?uvre pour favoriser les solutions politiques à ces défis et à ces crises qui gangrènent le Monde arabe d'autant qu'il traverse un moment crucial de son existence; en effet, l'heure est au réalisme, d'autant que le tout est d'accepter de se réunir pour trouver les remèdes et les sorties de crise à travers un débat et un dialogue direct entre les monarchies du Golfe et leur voisin le Qatar afin de dissiper quelques-unes des zones d'ombre qui affectaient leurs relations pourtant historiques et sans problème depuis des décennies et que rien ne différencie. Le Conseil de coopération du Golfe, (CCG), la Ligue arabe ou encore la Conférence islamiste ne sont-ils pas les lieux et les sommets indiqués pour les protagonistes de cette crise de reconsolider leurs relations. Au-delà des rapports bilatéraux entre les pays du Golfe, une telle initiative est susceptible de bénéficier d'une atmosphère cordiale entre pays frères et voisins et donnant ainsi un nouvel élan à l'unité de la nation arabe sans que cela se fasse au détriment du Qatar, notamment que le nouvel impérialisme est aux aguets et a certainement intérêt à prolonger cette division, cette crise entre Arabes afin d'en faire éventuellement un prétexte d'intervention militaire dans la région si ce n'est pas encore fait pour la sauvegarde d'intérêts économiques plus étroits. Cela servira aux Occidentaux et Américains en quelque sorte, d'exutoire d'un autre plan de déstabilisation des pays arabes. Et pendant ce temps, on cherche et on ose faire oublier le terrorisme, le problème palestinien, syrien, irakien et les autres tensions à travers nombre de pays en provoquant des "abcès " sur la scène internationale à l'instar de ce qui se passe actuellement au Yémen et au Venezuela. Des abcès de fixation telle la mise en cause de l'Iran et ses accointances politiques et militaires avec la Fédération de Russie. D'un point de vue progressiste, d'une position de non-alignée affichée, l'Algérie, s'est toujours opposée à toute ingérence dans les affaires internes des pays, des peuples. Certes, l'attitude de certains est peut-être considérée par le fait que les Etats-Unis ne peuvent plus jouer le rôle de " gendarme exclusif " du monde, qu'ils ont besoin d'autres alliés sous d'autres cieux pour suppléer ainsi leur recul d'hégémonie sur le monde. C'est-à-dire que les Etats-Unis pour s'ingérer dans les affaires des pays n'ont d'autre choix que la recherche d'alliés dociles pour faire exécuter leurs plans, toujours par nécessité ' Il y a de fait d'autres puissances occidentales qui cherchent à l'instar de la France de prendre la relève.L'Algérie pour sa part, nécessairement et automatiquement, prend le contre-pied et dit qu'il faut " arrêter " cela. Bien sûr la tâche n'est pas aisée. Elle peut même se révéler impossible, car les parties en conflit s'opposent sur des points fondamentaux sans oublier les pyromanes qui se manifestent à chaque occasion pour " incendier " toute solution de règlement pacifique entre Etats de ces conflits et tensions. Dans ce contexte, l'Algérie est en train de mettre en valeur son prestige, son crédit, sa crédibilité dans cette affaire, c'est-à-dire que se " taire " n'est plus possible face à ces peuples frères qui se déchirent par procuration. Une telle médiation voulue par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika est mieux encourageante que l'abstention de l'arène internationale. Et la diplomatie algérienne recommencera aussi longtemps qu'il faudra? C'est pourquoi le chef de l'Etat a dépêché dans la région, le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel pour déterminer quelle est la situation réelle, pour voir ce qui bloque le rouage ' Et peut-on trouver alors une autre solution ' L'Algérie est là pour comprendre d'abord les raisons de cette crise entre les cinq monarchies du Golfe et leur voisin de toujours, le Qatar. De toute façon, tous les conflits se terminent autour d'une table de négociations ' Et c'est pour cela que le Président Abdelaziz Bouteflika garde pourtant l'espoir, un jour, de voir s'asseoir les Saoudiens et la Qataris autour d'une même table pour discuter fraternellement, l'espoir qu'on règle le problème entre frères et voisins. Peu importe que la table soit à Alger, le Caire, les Lieux Saints de l'Islam ou ailleurs : l'essentiel c'est que l'abcès soit vidé. Devant tant d'obstacles, de rancunes entre les différents protagonistes de cette crise, l'espoir est infime, mais il existe. Il est nécessaire que les parties en conflit de s'accrocher à cette " bouée " de sauvetage que lance l'Algérie, à savoir : un échange de vue sur les voies et moyens à même de redynamiser l'action arabe commune et de la mettre au service du retour de la stabilité et de la sécurité dans le Monde arabe, en l'orientant vers les principales préoccupations qui interpellent les Etats arabes, en particulier la multiplication des foyers de tensions et la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent. Sinon, on va perpétuer le conflit dans le Golfe, comme en Libye, au Yémen et en Syrie.L'absurdité occidentale et américaine d'enflammer les tensions régionales et internationales par l'intermédiaire de leurs alliés dociles et qui se trouvent un peu partout dans les quatre coins du monde est le référent le plus grave de ces puissance à oser arrêter la roue de l'histoire, l'épanouissement des peuples, la multiplication des gruyères éclairs faisant des milliers de morts, de veuves et d'orphelins, des milliards de dépenses, tant de misère, de destructions, de réfugiés, de ruines. Ce sont autant de témoignages pour dire que ce manque aux acteurs avérés de cette situation de chaos, c'est qu'ils n'ont jamais pu comprendre les peuples du Tiers-monde, ceux du monde arabo-musulman en particulier. Ils ne veulent pas entendre la réaction pacifique de ces peuples à qui on refuse de saisir cette volonté de vivre en paix, ils ne veulent comprendre jamais rien. Pour comprendre les autres, il faut les approcher, il faut dialoguer?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B C
Source : www.lemaghrebdz.com