Jeudi, le Premier ministère rendait public un long communiqué sanctionnant une réunion d'évaluation de la situation épidémiologique. Il y est question d'un «plan d'action d'urgence» pour y faire face. À aucun moment, les contours de ce plan ne sont détaillés. Quarante-huit heures plus tard, l'opinion publique n'en sait toujours pas plus. Le ministère de la Santé en charge de la gestion de la situation de crise ne fait pas mieux : depuis plus de sept mois, sa stratégie de communication n'évolue pas. Deux exemples qui illustrent les défaillances en matière de communication.Nawal Imés - Alger (Le Soir) - En l'espace de quelques jours, la situation sanitaire est passée du stade de la banalisation à celui de la grande inquiétude. Si cette dernière a commencé par gagner les équipes médicales, en première ligne, elle a bien fini par atteindre le gouvernement. Face à cette déferlante de cas de Covid-19, l'exécutif tente une riposte, du moins sur le plan de la communication.
Le discours rassurant laisse place à une inquiétude non dissimulée mais là encore, le message est souvent biaisée car encore trop prudent et ne ciblant pas toujours les problématiques de l'heure. Premier exemple : la réunion du gouvernement devant être sanctionnée par un «plan d'urgence». Point de détails sur ces mesures, pourtant très attendues dans un contexte fait de pandémie. Au niveau du discours officiel, l'ambivalence n'aide pas non plus la transmission d'un message clair.
Pas plus tard que mercredi et alors qu'il donnait le coup d'envoi de la rentrée scolaire pour les cycles moyen et secondaire, le Premier ministre affirmait que la vie devait continuer, pointant du doigt le relâchement remarqué et le non-respect des mesures barrières.
Comment son gouvernement compte-t-il faire pour les faire respecter ' Il dit tabler sur «une stratégie de communication plus efficiente et une sensibilisation plus forte envers les citoyens».
Jeudi, le ministre de la Santé qui animait une conférence de presse consacrée également à la situation épidémiologique, évoquait également la stratégie de communication. Son département, dit-il, va procéder à des «ajustements». Il fait dire que depuis le début de la pandémie en mars dernier, le ministère de la Santé a choisi de communiquer à travers le bilan quotidien fourni par son directeur de la prévention. Le rendez-vous était au début de la pandémie très attendu et retransmis en direct sur la quasi-totalité des chaînes de télévision. Au fil des mois, le rendez-vous est devenu routinier. Le Dr Fourar y énonce le nombre de nouveaux cas testés, les décès et les guérisons sur un ton monocorde et finit sa présentation en précisant que les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques étaient les plus vulnérables. Le message non dit qu'il transmet pourtant est que hormis cette tranche de la population, le reste est moins exposé, les plus jeunes notamment qui, de par le monde, sont les moins enclins à respecter les mesures barrières.
Le département de Benbouzid a tablé également sur l'élaboration de spots qui passent à la radio ou à la télévision. Là aussi, le message est quasiment le même depuis le début de l'épidémie.
Il vante les mérites des mesures barrières et de la distanciation physique. Certains spots datent des premiers mois passaient encore sur les ondes de la radio nationale et évoquant les mesures à prendre dès un retour de voyage alors que les frontières sont fermées depuis longtemps déjà.
Avec la reprise des activités commerciales et de la rentrée scolaire, le message n'évolue pas là non plus. Rien sur les mesures à prendre lorsqu'un des membres de la famille est contaminé ou même suspecté de l'avoir été. Rien au sujet des mesures à prendre pour les enfants scolarisés. Résultat : des parents atteints de Covid-19 n'hésitent pas envoyer leurs enfants à l'école, pensant que les enfants ne peuvent pas être un vecteur de transmission. C'est dire qu'en matière de communication, les messages sont totalement brouillés....
N. I.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nawal Imès
Source : www.lesoirdalgerie.com