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Communication, dites-vous '



Communication, dites-vous '
Plus d'une semaine depuis qu'il a formulé une demande d'audience au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, le groupe dit des "19", désormais réduit à "16", après le retrait inattendu de trois signataires, n'a toujours pas reçu de réponse. Ni la présidence de la République, ni une voix officielle n'ont jugé utile de répondre du contenu de cette demande, encore moins des suites qu'elles entendent lui donner. Tout se passe comme si ces signataires, regroupant pourtant des personnalités disposant d'une légitimité historique et politique que nul ne peut contester, prêchaient dans le désert. Pris, visiblement, de panique, Ahmed Ouyahia, secrétaire général par intérim du RND et néanmoins chef de cabinet de la présidence de la République, Amar Saâdani, patron du FLN, et Abdelmalek Sellal, Premier ministre, se sont chargés, dans une espèce de tir de barrage, alors que la lettre ne leur était pas destinée, de déconstruire les arguments des "19-3" et leur en dénier la démarche.À l'unisson, les trois responsables se sont offusqués de l'action, rappelant à qui voudrait bien les croire que "Le Président suit pas à pas son programme et dirige tout". Et l'image du Président recevant une ministre colombienne fait office de plan de com. Alors que beaucoup d'observateurs attendaient quelque visibilité, voilà qu'une "information" sur une hospitalisation du Président en France est donnée par un site, rajoutant, du coup, une couche supplémentaire à l'opacité et à l'inquiétude ambiantes. S'il n'est pas dans les traditions du régime, et partant de la Présidence, de réagir à ce genre d'informations ou de rumeurs, il reste qu'un effort de communication était souhaitable de la part des gouvernants. D'autant plus qu'ils semblent avoir pris la mesure des carences et du déficit de la communication institutionnelle. On se souvient, un séminaire a été même organisé au mois de juin 2013, dans la foulée de l'attaque du site gazier de Tiguentourine par les pouvoirs publics afin de parvenir à "Un système d'information performant au sein des institutions publiques en valorisant la fonction de la communication et son pourvoi en ressources humaines compétentes et motivées", selon les arguments avancés alors. Deux ans après ce séminaire, auquel des représentants d'entreprises nationales et d'organismes spécialisés, de médias et d'institutions avaient pris part, force est de constater qu'il serait illusoire d'obtenir une information de la part de certaines institutions de la République. Et la vérification d'une information ou sa confirmation par les journalistes s'avère un véritable parcours de combattant. Mais au lieu d'admettre l'existence de cette carence et d'un fonctionnement artisanal, à l'ère de la révolution numérique, les pouvoirs publics s'évertuent à rappeler sans cesse les journalistes à leurs devoirs. "Aussi, at-il lancé un appel à toute la famille de la presse pour se conformer aux règles de déontologie de cette noble profession, en s'assurant de leurs sources, pour ne pas tomber dans le sensationnel et dans le piège de certains éditeurs animés par l'appât du gain." Les propos sont de Hamid Grine, le ministre de la Communication, jeudi à Tipasa, et rapportés par l'APS. De quelles sources parle-t-il ' Celles qu'on connaît sont toutes muettes.K. K.


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