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Commune de Douéra



Commune de Douéra
Cette agglomération subit une véritable invasion depuis des années. Les citoyens accusent la wilaya d'Alger d'avoir transformé la commune en décharge urbaine.La commune de Douéra, fondée le 23 mai 1835, s'est bien transformée depuis l'époque coloniale. Localisé dans la banlieue sud-ouest d'Alger, ce petit village autrefois havre de paix est aujourd'hui une véritable ruche, où la population a augmenté et les problèmes avec.Le centre-ville nommé rue Mohamed El Azouni demeure jusqu'à présent ce vieux village colonial manquant de couleurs et de changements, encerclé par ces nouvelles cités étouffantes, qui accueillent aujourd'hui des milliers de familles issues des nombreuses opérations de relogement entamées par la wilaya d'Alger ainsi que d'autres programmes. Un cubisme dépourvu d'âme et de goût. Cette même agglomération subit une véritable invasion depuis des années.Certains citoyens accusent la wilaya d'Alger d'avoir transformé la commune en décharge urbaine en lançant des opérations de relogement massives entrant dans le cadre de l'éradication de l'habitat précaire. «C'est une agression que les vrais citoyens de la commune subissent depuis des années, plusieurs groupes de personnes envahissent notre ville et prennent ces logements qui nous reviennent de droit», s'écrie un citoyen, commerçant de fruits et de légumes à quelques encablures de l'hôpital de Douéra.«La wilaya d'Alger et la daïra de Draria sont responsables de ce désordre que connaît la commune aujourd'hui, le relogement n'est pas une tâche facile, il ne suffit pas de construire des cités et de les remplir. Où sont les équipements publics ' Pourquoi faire passer le béton avant les droits et les besoins du citoyen '», poursuit-il. Il s'avère que notre interlocuteur a touché une corde sensible. Nous avons effectué quelques rondes dans la bourgade qui accueille aujourd'hui pas moins de 80 000 habitants, selon les estimations, ce chiffre dépassera les 85 000 dans quelques années.Les cités AADL, qui ont été construites récemment, sont aujourd'hui de véritables dortoirs. A l'intérieur de ces cités, l'absence d'entretien est visible. Route défoncée, délabrement des immeubles, manque total des normes d'entretien. Une situation qui se dégrade continuellement, selon Mustapha. «Si les responsables de l'AADL ne font rien pour entretenir ces cités, nous nous dirigeons directement vers la catastrophe», déclare-t-il.Avec le nombre d'habitants qui ne cesse d'augmenter, les 21 écoles primaires, les 7 collèges et les deux lycées ne peuvent contenir l'ensemble des enfants scolarisés, obligeant certaines écoles primaires à dépasser le nombre autorisé d'élèves par classe comme nous l'avons vu dans la commune de Birtouta. Cette surcharge n'est pas sans conséquences sur la qualité de l'enseignement, le lycée Mohamed Khodja est en surcharge avec un chiffre qui dépasse les 1200 élèves et 55 enseignants. Nous avons aussi rencontré des jeunes lycéens de ce même établissement qui déclarent que l'activité parascolaire est un luxe.«On manque d'activités parascolaires, et à la sortie du lycée, on n'a pas où aller, donc on reste dans la rue», nous explique un élève. «La ville est des plus monotones, les routes sont poussiéreuses et à cause de cette poussière tout est jaune», ironise Djamel. «Beaucoup d'entre nous aiment la musique, le théâtre et la danse, mais les responsables n'organisent aucun événement, les spectacles n'existent pas, le centre culturel est un désert, ils se moquent de nous en lançant des programmes de cuisine et de dessin, on n'arrive plus à vivre nos passions les plus simples», s'indigne un camarade de Djamel.Effectivement, l'absence d'équipement et d'activités artistiques et sportives provoque la nervosité de cette population obligée de se disputer un seul bureau de poste, une banque et une placette commune, refuge des retraités et des personnes âgées qui viennent prendre un peu d'air au c?ur d'une ville polluée par la circulation. Selon les habitants du vieux Douéra que nous avons rencontrés et sollicités, les personnes qui gèrent l'APC le font pour quelques raisons bien évidentes.«On ne va pas se voiler la face, nous savons tous que le bien de la commune et de ces habitants passe après celui des hauts placés à la mairie», affirme un vieil homme visiblement en colère contre la mauvaise gestion. Ce dernier dénonce aussi que la commune qui devrait être mieux dotée en équipements et infrastructures de tous les jours ne l'est pas. La ville sombre dans une sorte de confusion de masse, le citoyen assiste à ce spectacle terrifiant, regardant ces cités sans charme «qui poussent comme de la mauvaise l'herbe, les espaces ne sont plus que le reflet d'eux-mêmes», confie notre interlocuteur.Les cités des 1046 Logements, 252 Logements, 340 Logements et d'autres souffrent d'une absence de moyens de proximité indispensables à la population. «Plusieurs opérations de relogement sont lancées depuis 2014, et ne sont jamais suivies de réalisation d'équipements publics, tels que les écoles, les centres de santé ou encore les bureaux de poste», affirme Amine, un citoyen des 252 Logements. «On s'égare dans nos propres rues, on ne les reconnaît plus, les belles maisons sont cachées par ces constructions inachevées qui grignotent la ville chaque jour un peu plus.»Les citoyens ne veulent plus de ces cités implantées d'une manière anarchique, mais les petites voix ne peuvent rien contre une administration qui doit rendre des comptes. Les habitants que nous avons rencontrés nous ont également informés que le transport est un véritable problème pour eux, les bus ne sont pas nombreux et la station pose problème pour les conducteurs comme pour les voyageurs. «En période hivernale, il est dur de s'y aventurer, la pluie la transforme en un véritable bourbier et le manque d'éclairage complique la situation», nous explique NacerChaos AdministratifA quelques mètres du siège de l'APC côtoyant les bureaux de l'état civil et une annexe administrative, se trouve le bureau de l'Agence nationale de soutien à l'emploi des jeunes (Ansej), plusieurs jeunes au chômage sont venus nous voir pour nous parler de leurs soucis et leurs dossiers disparus à l'intérieur même des locaux de cette agence, un phénomène qui, selon eux, peut s'expliquer de plusieurs manières.«Ou bien nous faisons partie des oubliés, ou bien nos projets sont assez intéressants pour être accordés à de simple citoyens», déclare-t-il. «Les jeunes ne bénéficient d'aucune prise en charge et d'aucune aide sociale aussi infime soit-elle», affirme Karim, âgé de 24 ans, se considérant lui-même comme un laissé-pour-compte de la commune. «J'ai déposé un dossier il y a quelques années dans l'espoir de bénéficier d'une aide financière, afin de lancer un petit commerce, comme tous les jeunes qui désirent veulent avoir leur propre entreprise, mais mon dossier a été égaré. J'ai perdu tout espoir et à présent je suis un simple ??parkingueur''», s'indigne-t-il.Notre interlocuteur que nous avons rencontré avec ces amis nous invite à visiter la bibliothèque. «Vous pouvez voir que le siège de la bibliothèque communale, ce magnifique bâtiment qui a coûté cher, mais qui n'ouvre ses portes qu'une ou deux fois par semaine, ne disposant que d'un seul agent de sécurité. Les responsables refusent de prendre au sérieux nos demandes d'emploi», reprend un autre jeune homme visiblement désespéré.Cette situation de crise pousse les jeunes citoyens à pratiquer un commerce illégal dans les coins obscurs du marché de la commune, ils sont souvent chassés par les services de l'ordre, mais reviennent toujours pour gagner leur pain, car nécessité oblige, et les conditions de vie sont difficiles. Ces mêmes jeunes occupent aujourd'hui des endroits à travers les axes principaux de la commune pour vendre pour la plus part d'entre eux, des fruits et légumes. Malgré tous ces problèmes que rencontre la commune, les habitants sont optimistes. «Nous gardons encore de l'espoir que des changements seront apportés au siège de l'APC et à l'APC elle-même», conclut un vieux.
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