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Après des années de verrouillage, l'importation des véhicules d'occasion va, apparemment, revenir. Le ministre du Commerce, Bakhti Belaïb, a en effet annoncé que cette mesure, supprimée il y a une dizaine d'années «sous la pression de lobbies» dont il ne cite pas les noms, va être reconduite. Il n'a pas précisé quand ni comment les Algériens pourront importer, de nouveau, des véhicules usagés dans d'autres pays du monde.Le ministre du Commerce a expliqué que cette mesure permettra de faire baisser les prix des véhicules qui atteignent actuellement des plafonds inégalés. Que ce soient les véhicules neufs ou d'occasion, le marché de voitures connaît une flambée jamais vue auparavant. Les raisons sont multiples. Mais aucune solution ne semble pointer à l'horizon. Car à l'heure actuelle, le gouvernement s'obstine à imposer des quotas d'importation à des concessionnaires qui se permettent des marges énormes pour sans doute récupérer les bénéfices perdus durant les longs mois où les autorités n'ont autorisé aucune importation.Il est évident que la suppression de l'importation des véhicules de moins de 3 ans, annoncée par Abdelaziz Bouteflika en personne lors d'une visite au port d'Alger, n'a pas été motivée que par de simples considérations économiques. La sauvegarde de la sécurité des citoyens a pu être un élément déterminant dans la prise de cette décision. Mais le poids des concessionnaires a certainement eu de l'impact également. Et les autorités ont expliqué cette démarche par le souci de renouveler le parc national automobile. Un objectif relativement atteint, malgré l'anarchie qui est apparue dans le secteur.C'est dans un climat marqué par la destruction de la filière automobile ? faite officiellement dans le but de favoriser la production nationale et de faire des économies en réduisant l'importation ? que cette annonce intervient. Le ministre, sans doute soucieux de sauvegarder les formes, puisque la loi de finances n'est toujours pas adoptée par le Conseil des ministres et encore moins par le Parlement, n'est pas allé au bout de sa logique. Il n'a pas répondu à des questions déterminantes, telles que celles de savoir qui va être autorisé à importer des véhicules d'occasion 'Quels seront les critères à appliquer sur ces véhicules ' Faut-il passer par le circuit bancaire ' Les jours à venir vont donner des réponses à ces questions. Mais l'initiative gouvernementale pourra être positive, si elle est davantage destinée à sécuriser les consommateurs et à réduire la facture d'importation des véhicules.Cela ne suffira bien sûr pas à réguler un marché laissé durant de longues années entre plusieurs mains. Car ce qui manque actuellement, c'est justement cette présence de l'Etat qui doit protéger avant tout les consommateurs. Ces derniers ne cherchent en fait, en majorité, qu'à pouvoir acheter un véhicule fiable à un prix accessible pour le grand nombre. Libre à ceux qui ont plus de moyens d'acquérir des voitures neuves. Il reste maintenant à savoir comment va man?uvrer le gouvernement pour sauvegarder les intérêts des consommateurs et des professionnels du secteur.Un équilibre difficile à trouver pour des autorités qui jouent rarement la transparence. C'est cet élément fondamental qui va peser dans la balance, si le ministre du Commerce est vraiment mû par une bonne intention. Dans le cas contraire, l'idée de créer un marché de l'automobile, où des véhicules neufs seront mis en concurrence avec ceux d'occasion, ne sera qu'une illusion de plus.
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