Alger - Revue de Presse

Commentaire



Les gardes du corps, un métier périmé ? On dit qu’à de nouvelles menaces, il faudrait de nouvelles parades, des parades adaptées. Mais il est connu que les mouvements terroristes rivalisent d’ingéniosité pour, à chaque fois, rendre dépassée la stratégie sécuritaire mise en œuvre. Il en est ainsi -ou plutôt il vient d’en être ainsi- pour ce qui concerne la protection rapprochée des VIP, principalement des hautes personnalités politiques, plus particulièrement des chefs d’Etat et des personnalités politiques d’opposition que des clans au pouvoir ou dans l’opposition voudraient éliminer physiquement. Comment a été assassinée Benazir Butho? Comment avait failli être assassiné le président algérien, Abdelaziz Bouteflika? Les attentats contre les VIP se perpétuent désormais à l’aide de kamikazes -ou d’hommes bombes- et de voitures piégées, c’est-à-dire par des moyens qui rendent caduque la conception ancienne de la protection par des gardes du corps.Que peuvent faire les gardes du corps quand le président à protéger est en immersion au sein des populations, en train de serrer les mains, ce qui est une obligation de la fonction et une justification de la visite de proximité, quand il est impossible de détecter des candidats au suicide, transformés par l’endoctrinement en bombes humaines, indétectables au regard, car il y a foule, et impossibles à passer au scanner détecteur de métaux? L’on comprend dès lors que, dorénavant, on ne verra plus de chefs d’Etat se permettre des bains de foule, plus particulièrement les présidents musulmans, les présidents arabes, que cela concerne l’Algérie ou les autres pays. Pour les services de protection de la présidence, dit SSP, la seule parade consiste à éviter de replacer le président dans la même situation qu’à Batna, dans laquelle il était démontré le caractère périmé de la conception de la protection par des gardes du corps. A cette conception périmée va succéder celle d’une protection du siège de la présidence, celle également de l’interdiction de la circulation aux alentours des lieux de passage du cortège présidentiel. Peut-être des parades adaptées finiront-elles par être élaborées et mises en œuvre. Peut-être également que de nouvelles menaces finiront-elles par s’exercer dans le sens de contourner ces parades. Mais en tout cas, rien ne dit que l’on va sortir bientôt de cet enfer où l’imagination ne sera pas mise au service de l’amélioration des conditions humanitaires de vie, mais plutôt à détériorer celles-ci. Bachir Medjahed
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