L’ISLAM n’est pas intégrisme
Tragique destinée que celle des Bhutto. Le père, le frère et, depuis jeudi dernier, Benazir grossit la liste des martyrs de cette famille, morts pour le Pakistan. Une fatalité qui s’abat sur elle au nom de Dieu. Ou peut-être au nom du pouvoir tout simplement. Car la question n’est pas de savoir à qui profite le crime, mais plutôt l’inverse. Et pour cause, les islamistes pakistanais, les terroristes d’Al-Qaïda et enfin Pervez Musharraf sont, à n’en pas douter, soulagés de voir disparaître à tout jamais cette femme plantée, telle une fleur, au milieu d’un décor hostile. Un décor fait de menaces, du refus de l’autre et de morts. Violentes le plus souvent. Le Pakistan et les musulmans perdent en Benhazir une lueur. Celle qui aurait dit au monde que les musulmans peuvent s’adapter à la démocratie, à l’alternance et à la cohabitation pacifique même si les convictions séparent les uns et les autres. Mais voilà, aujourd’hui l’image s’assombrit encore plus pour ces Pakistanais et ces musulmans. L’image qu’ils reflètent est celle d’une société mue par la soif de violences et de meurtres. Alors que, dans les faits, ce n’est pas le cas. Mais comment l’expliquer à cet Occident entêté qui, à chaque attentat, d’Alger à Islamabad, se renforce dans ses convictions de nous voir comme il le fait présentement. C’est-à-dire comme des sauvages. Des peuples incapables de vivre en société sans s’entretuer pour une raison ou une autre.
Comment, donc, faire pour montrer au monde que l’Islam n’est pas intégrisme? Que l’Islam n’est pas attentats-suicides? Comment dire, tout simplement, que ces kamikazes et leurs commanditaires ne sont pas de nous? Que leurs croyances sont antinomiques à l’Islam? Dieu et Son prophète Mohamed (Que le salut soit sur lui) n’ont jamais ordonné le meurtre. Ils n’ont jamais autorisé ces «Missionnaires du sang» de semer le chaos. Car, quand on se donne un peu de peine pour bien regarder les choses, Ben Laden et ses sbires en appellent au Djihad face aux apostats américains, français, britanniques, sionistes israéliens… mais paradoxalement ce sont des milliers d’Algériens, d’Irakiens, de Palestiniens, de Pakistanais…, tous des musulmans, qui meurent de leurs folies assassines et surtout de leurs bombes. L’assassinat de Benazir Bhutto est à méditer sur ce registre. Les Algériens ressentent la douleur de son assassinat au même titre que les Pakistanais? L’élimination de l’Intelligentsia a été tout un programme des intégristes algériens au début de la décennie 1990.
La plume et le savoir sont, en effet, des ennemis redoutables. Bien plus que le canon et la mitraillette.
Rafik Cherrak
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com