Alger - Revue de Presse

Commentaire



Les nouveaux pôles A défaut de statistiques précises et sur la base de décomptes de comptes-rendus de presse, il semblerait que le phénomène des harraga a pris de l’ampleur. Beaucoup plus, en tout cas, que durant la période estivale si l’on devait faire un compromis entre les risques liés à la saison qui ne se prête pas à des traversées hasardeuses et la vigilance des services chargés de lutter contre l’immigration clandestine. Les seuls changements remarqués dans l’évolution de la pensée des «opérateurs» de la traversée sont l’accroissement du nombre de passeurs, du nombre de candidats qui se font rouler et les nouveaux pôles d’embarcation qui sont en train de se dessiner.Béni-Saf, la paisible ville côtière, s’est retrouvée projetée au-devant de la scène, attirant des jeunes et des moins jeunes qui veulent profiter de cet Eldorado, tant, pensent-ils, que le coin n’est pas trop connu. Des quidams sans le sou sillonnent les rues de la ville à la recherche du Sauveur qui leur fera entrevoir les côtes européennes. A l’instar d’autres villes limitrophes où les candidats se mettent au vert pour mettre les voiles, El-Malah, Bouzedjar, El-Amria et Oulhaça, la délinquance et la criminalité sont en train de prendre des proportions inquiétantes. Tout est bon pour amasser rapidement la somme exigée: agressions, associations de malfaiteurs, et vols par effraction. Jusqu’au crime. Du jamais vu dans ce genre de localités où tout le monde se connaît et où la Horma est encore de rigueur. Le bisness fait le bonheur de quelques commerçants véreux qui y voient l’occasion de plumer le visiteur en lui fournissant un gîte à un prix exorbitant et en lui assurant discrétion et «aide». Une organisation clandestine qui rend plus difficiles, encore, les efforts des services de sécurité qui naviguent à l’estime et qui ne disposent pas de moyens adéquats pour mettre un terme à cette industrie tragico-macabre et rétablir l’ordre. Il est peu probable qu’il existe une coopération entre les différents services intra et extra wilaya, sinon un simple contrôle d’identité aurait suffi pour faire avorter bien des projets, d’autant plus que les acteurs n’en sont pas à leur premier coup. Ce qui se passe dans ces petites villes de province n’est que la partie visible de l’iceberg, peut-être même ne montre-t-il que cette pointe qui s’élève vers le ciel. Ce qui se passe, en profondeur, est plus dramatique. Et ce ne seront pas les «aveux» et les «regrets» exprimés par les harraga face aux caméras de télévision, quand une tentative est déjouée, qui convaincront les Algériens de la bonne foi d’un repentir de circonstance. En dépit des mesures prises, la Jeunesse souffre. Si la construction de logements ordonnée en 2002 par le Président, en personne, connaît des retards importants, que peut espérer le simple citoyen qui ne dispose d’aucun mécanisme de recours fiables? La situation est la même dans l’emploi, les crédits, la délivrance des documents de commerce et obtenir une copie intégrale d’un extrait de naissance relève de l’exploit. La réalité est amère, mais le constat est limpide: la conférence sur la Jeunesse d’octobre passé est un échec. C’est ce qui explique, sans doute, l’émergence de ces nouveaux pôles d’immigration. Miloud Horr
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