Strabisme politique
Les relations entre l’Algérie et la France auraient pu devenir exemplaires si les deux pays avaient pu assainir leur passé ou, du moins, que de temps en temps ne revienne pas à l’ordre du jour la pratique certainement pas innocente des coups de passion.
Un œil fixé sur le rétroviseur, un autre sur l’avenir; c’est le strabisme politique, la vue des choses à moitié, la coopération à moitié, les demi-mesures, ce qui fait que le présent est sacrifié, ce qui ne permet pas de préparer le futur. Quelles perspectives pour l’avenir? Les coups de passion ne permettent pas de parler de perspectives, car il demeure trop d’incertitudes. Il va sûrement y avoir des contrats. Il y en aura pour que les relations ne s’affaiblissent pas dans leur intensité, une intensité qui est franchement basse pour le moment, le MEDEF hésitant encore à traduire en actions les intentions qu’il avait manifestées lors de sa venue dans les bagages du président. Il semble qu’il en est encore à hésiter bien qu’il ait rencontré déjà le Forum des chefs d’entreprises du secteur privé algérien. Des contrats donc? Il y en aura pour éventuellement une autre raison, celle d’effacer le malentendu créé par la déclaration du ministre algérien des Moudjahidin, lui-même disant qu’il avait été «mal interprété». Ne serait-ce que pour cette raison, les deux présidents tiendront à s’échanger des mesures de confiance.
Il y aura donc au menu des discussions fermes sur les perspectives d’engagement à coopérer sur la base de l’identification de projets concrets et consistants, comme seront entamées les discussions sur le projet d’Union méditerranéenne, ce qui les mènera certainement à exprimer des convergences. Les deux présidents tiendront à briser la chaîne des rendez-vous manqués pour inscrire les relations dans une nouvelle tradition.
Bien entendu, bien qu’il soit question de mesures d’assouplissement des conditions de circulation des personnes entre les deux pays, il ne faudrait pas s’attendre à une véritable révolution en la matière. L’incident qui avait entraîné la mort de deux jeunes motocyclistes et les émeutes qui s’en étaient suivies, suscitant des critiques en direction de l’émigration et des regroupements de familles, aura-t-il des conséquences sur la procédure d’octroi des visas?
Bachir Medjahed
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com