Alger

Commentaire



Quelle lecture ? Que dire de la polémique, à la limite de l’incident diplomatique, qui a éclaté, en l’espace de 48 heures, entre Alger et Paris? Le président Bouteflika a joué, jeudi dernier, jour d’élection, au pompier pour déjouer un camouflet qui aurait coûté cher, même très cher à l’Algérie. Il a fallu que Bouteflika en appelle à tous ses talents de diplomate chevronné pour «clore l’incident». Mohamed Chérif Abbès, par qui la polémique a éclaté, a empiété de façon spectaculaire sur les plates-bandes présidentielles. Cela l’aurait, théoriquement, exposé à une situation extrêmement gênante vis-à-vis de son chef hiérarchique, en l’occurrence le président him-self. Il faut en convenir que tenir les propos du ministre à quelques jours seulement d’une visite d’Etat que l’Algérie prépare depuis des mois, n’est pas malin du tout. Il en est même des observateurs qui relèvent que ces propos sont de nature à faire capoter un rapprochement entre les deux Etats. Il y en a même du côté de l’Hexagone qui ont demandé au président Sarkozy d’annuler sa visite. Le CRIF, conseil des juifs de France, a même exigé du Dr Dalil Boubekeur, recteur de la mosquée de Paris et président du conseil du culte musulman en France, de par son origine algérienne, de s’exprimer sur les «propos antisémites» du ministre des Moudjahidin. C’est dire que le retrait suggéré de l’invité Macias de la liste des personnalités devant accompagner Sarkozy a fait des vagues en France alimentant davantage la tension qui sévit entre les deux pays. Mais la question -qui nous intéresse le plus de ce côté-ci de la Méditerranée- est de savoir si Chérif Abbès, représentant en puissance de la famille révolutionnaire, a agi seul ou en concertation? Les avis restent partagés. L’individu n’a pourtant jamais débordé des prérogatives qui étaient les siennes jusqu’à cette interview livrée au quotidien El-Khabar. Dès lors, on pourrait conclure que c’est-là un message clair en direction du président Bouteflika. Un message qui pourrait signifier que rien ne se fera sans «la famille révolutionnaire». Si tel est le cas, le président de la République doit découvrir, avec beaucoup d’amertume du reste, que son discours, d’il y a quelques années, dans lequel il affirmait que la légitimité historique est terminée, est vide de sens. Si tel n’était pas le cas Chérif Abbès aurait été «viré» car les intérêts –économiques, surtout- de l’Algérie ont été touchés dans cette polémique bien exécutée dans son timing. L’économie étant la clé de voûte de la visite de Sarkozy en Algérie. Il ne s’en est d’ailleurs pas caché jeudi dernier sur France2.
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