Alger - Revue de Presse

Commentaire



Regarder avec les yeux de l’époque Toute occasion est bonne pour lier n’importe quel évènement de l’histoire post-indépendance nationale à l’interruption du processus électoral et, bien-sûr, en toile de fond la tragédie nationale avec ses 200.000 morts, avec une pensée certaine au fait que la violence n’est pas encore éradiquée. Losque Belaid Abdeslam nous renvoie aux circonstances de son départ, serait-ce pour éclairer un point de l’histoire, nous éclairer sur la situation qui avait prévalu à sa nomination et à son limogeage, ou bien serait-ce pour reparler de tout ce qui est lié à une époque plus particulièrement ? Les circonstances de sa nomination n’apprennent rien de nouveau puisque nous savons tous que les élections avaient été interrompues, que l’armée, comme avait à le dire le président Bouteflika, avait agi dans des circonstances particulières. Nous ne pouvons scientifiquement pas démontrer ce qui serait survenu si les élections n’avaient pas été interrompues. Les élections ont été interrompues d’abord parce que l’ex-FIS lui-même s’était fait hara-kiri entre les deux tours en faisant des déclarations terrifiantes, telles l’instauration de tribunaux de quartiers (imaginer avec quels arguments juridiques juger et par qui), des bateaux qui ramèneront des cadres musulmans, etc.Belaid Abdeslam ne dit pas qu’il était pour l’accès du FIS au pouvoir. Il n’en voulait pas du tout. Mais, faudrait-il axer le débat sur le rôle de l’armée dans l’interruption des élections, ou sur le rôle de l’armée dans le choix du système économique à mettre en place pour l’Algérie ? Il privilégiait beaucoup plus les raisons de choix du système économique plutôt que politique. Le général Touati représentait-il la dimension politique de l’armée et le général Nezzar la dimension «décision» ? Tous ceux qui avaient approché le général Touati disaient de lui qu’il est un homme de dialogue, qu’il écoute avec patience et intérêt, qu’il a une dimension intellectuelle très apparente dans l’animation des commissions de travail, plus particulièrement le Conseil interministériel de sécurité(Cemis). Il est évident qu’il était apparu, à l’époque, comme animé d’une conviction, celle que l’Algérie ne devait pas faire l’expression du FIS. Toute l’équipe qui avait interrompu le processus d’accès de ce parti au pouvoir était animée de la même conviction. Ali Haroun représentait la dimension intellectuelle des partisans civiles de l’interruption, Touati représentant celle de l’armée, avec également d’autres généraux bien-sûr, dont le général Taghit, pour n’en citer qu’un seul et qui avait eu à participer à des études de défense de prospective. L’important n’est pas de prendre position en faveur ou en défaveur d’une personnalité quelconque mais de bien comprendre comment s’étaient déroulés des faits historiques dans les contextes qui étaient ceux de l’époque.
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